Avant, je me croyais très tolérante. Mais il y a quelques semaines, un événement sur mon lieu de travail m'a fait prendre conscience de mes propres failles. J'ai réalisé le décalage entre mes valeurs et mes réactions dans certaines situations. Je travaille à la réception d'un hôtel. Ces deux dernières semaines, une travailleuse du sexe a réservé une chambre à plusieurs reprises. Assise à la réception, je la voyais discuter avec les clients dans le couloir, je la voyais s'enregistrer et quitter l'hôtel. Et un profond dégoût m'envahissait à chaque fois qu'elle passait. La simple vue de son visage me plongeait dans un profond mal-être. J'avais une envie irrésistible de fuir ou de détourner le regard.
Mais une autre partie de moi disait : « Attends une minute ! Après tout, c'est un être humain avec une âme, et en elle réside la beauté que la Terre Mère insuffle à chacun de nous. Alors pourquoi la juger ? » J'ai réalisé que lorsqu'elle était sur notre propriété, je n'étais pas en paix avec moi-même. J'éprouvais le besoin de comprendre ce malaise, comme si je devais réparer cette faille en moi, ce conflit entre mes valeurs et mes actes.
Dans notre hôtel, lorsque les clients ne règlent pas par carte bancaire, nous demandons une caution. Celle-ci leur est restituée lors de leur départ. Avant tout remboursement, nous demandons généralement à l'une de nos femmes de chambre d'inspecter la chambre afin de vérifier l'absence de dégâts. Si tout est en ordre, la caution est remboursée.
Un matin, alors que cette femme se présentait à la réception pour régler sa note, elle a commencé à me tendre sa clé de chambre. Malgré toute ma bonne volonté, mon aversion pour elle était si forte que j'ai veillé à ne pas la toucher. C'est alors que j'ai eu une révélation : si je devais commencer à guérir, c'était maintenant ou jamais.
Alors, au lieu d'envoyer une femme de ménage inspecter la chambre, j'ai décidé de le faire moi-même. Je me suis éloignée du bureau et lui ai demandé d'attendre un instant pendant que j'allais dans sa chambre. Le trajet aller-retour allait être long !
Debout à l'intérieur, je me demandais comment dissiper ma négativité. Le fait d'avoir évité qu'elle me touche la main en lui prenant la clé de la chambre me rongeait. Je me suis assise sur le canapé, sachant qu'elle aussi s'y était assise. En regardant autour de moi, j'ai remarqué un paquet de chips ouvert sur la table basse. Je savais qu'elle l'avait manipulé. Alors je me suis levée, je l'ai pris, j'ai sorti une chips du paquet et je l'ai mangée.
D'une certaine manière, ce simple geste m'a apaisée. C'était peut-être ma façon de dire : « Oui. Je l'accepte telle qu'elle est. Elle a une âme. Elle n'est pas définie par ses actes. C'est la société que nous avons créée autour de nous qui l'a conduite à ce comportement. »
C'était un tout petit moment. Mais il a contribué à panser mes propres blessures d'une manière profondément marquante.
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4 PAST RESPONSES
I aplaud your efforts to erase your own bias. It always begins one step at a time. I hope you were able to look at her or even touch her hand when you gave her the deposit back. Not sure I would have eaten the chip as todays folk sprinkle drugs, but admire your courage in doing so to break down the barrier. In every sector, bias and bigotry in race or gender and work change only begins with one sincere step forward.
May I ask, did you also extend this connection directly to her? Did you then go back and touch her hand, look into her eyes and even without words share heart in acceptance of her as a human being. < said with deep love. <3
I appreciate you stretching your initial comfort zone, so thank you for sharing. But I have to say, the stigma against sex workers is still extremely strongly represented in your post. And I get it, because I used to feel that way, too. I hope you eventually seek more informed understanding of sex work. Of course, some people are forced into this work - sex trafficking, lack of opportunities, etc. is a real and awful problem. But many others choose it, for various reasons. There should be no shame in choosing it. Perhaps if this type of work was not so widely stigmatized, it would be safer for everyone. Maybe this seems a radical or inappropriate comment, but I think it is important to bring to light. There are many articles about realities of sex work and workers, and it is of course a complex issue, with many problems and also virtues. These are human experiences, and I think sometimes our personal values are ill informed. I hope you and others will stretch further outside your comfort zones to understand their true experiences. It isn't easy, but I believe it is necessary.
[Hide Full Comment]what a beautiful and important reflection you have written. Thank you so much. There are so many ways we separate ourselves from one another without even realizing. i am moved by what you did.