Pourquoi ne pas commencer la nouvelle année en nous accordant la grâce du pardon, libérés de toute trace des blessures et des limitations que nous traînons tous, conséquences de nos expériences passées, de nos actions et de nos omissions ?
Cela peut sembler paradoxal, compte tenu de tout ce qui s'est passé en 2016. Pourtant, le pardon, à l'instar de la gratitude, est une pratique qui nous ancre et nous relie à une source plus profonde de force et d'inspiration nouvelle. Nous commençons par nous pardonner tout ce que nous avons manifesté ou non, tout ce que nous nous sommes infligé, à nous-mêmes et aux autres, cette année et pendant de nombreuses années. Nous pouvons rester ici aussi longtemps que nous le souhaitons.
On peut commencer simplement, en s'asseyant tranquillement à un moment calme de la journée ou dans un endroit paisible. On peut s'exercer à dire « pardonné » comme un mantra ou une prière. On peut le faire lorsqu'un souvenir de mauvais comportement ou de paroles blessantes ressurgit, ou lorsque la tension, l'anxiété ou cette vague impression d'être contrôlés par nos conditionnements nous envahissent. Pendant un instant, en pratiquant cet exercice, on peut s'extraire de la cage de nos pensées et accéder à une conscience plus chaleureuse et plus légère, une conscience qui peut nous accueillir pleinement, avec nos cicatrices, nos mauvais souvenirs et notre désir profond et tendre de faire partie de la vie.
À travers les âges, on a appelé cette conscience bienveillante supérieure Dieu. Mais il n'est pas nécessaire de se demander si Dieu existe ou non pour pratiquer le pardon. Il n'est même pas nécessaire de concevoir une conscience qui ne pense pas. Il suffit de s'exercer à reconnaître et à accepter notre propre humanité. Un instant à la fois, nous pouvons pratiquer l'ouverture à la vie, simplement nous ouvrir à la réalité que nous sommes plus que nos conditionnements, nos vies antérieures, nos opinions et nos points de vue. Cet acte d'ouverture ne dépend d'aucune croyance ni d'aucune opinion.
Il y a des années, dans Parabola, nous avons publié un article sur la théorie selon laquelle le cerveau n'est pas le seul créateur de la conscience. Plutôt qu'une machine de réalité virtuelle à l'intérieur de notre crâne, il serait un récepteur capable de capter une fréquence au-delà des offres habituelles du réseau, ces émissions de téléréalité où nous côtoyons chacun d'entre nous, ainsi que d'autres personnages connus. Lorsque nous nous asseyons en silence et portons notre attention sur l'instant présent, ce récepteur qu'est le cerveau peut s'ouvrir à une conscience plus vaste, une conscience qui nous dépasse, nous entoure et réside en nous. La recevoir, ne serait-ce qu'un instant, c'est être pardonné.
Sans surprise, le mot « pardonner » vient d'un mot qui signifie donner. Pardonner une dette, c'est rendre solvable à autrui, l'absoudre, le sortir de la prison des dettes et le ramener à la lumière du monde. Nous pouvons aussi nous libérer de cette prison. Pourquoi pas ? Comme le dit Charles Dickens, personne n'a jamais remboursé ses dettes en étant enfermé en prison pour dettes. Nous pouvons nous entraîner à nous connecter à une fréquence extérieure à notre propre prison intérieure. Nous pouvons nous entraîner à dire « pardonné ».
Des mois après la mort de sa femme bien-aimée, Joy, C.S. Lewis ressentit vivement sa présence en prenant son bain matinal. Jusque-là, il semblait constamment préoccupé par son absence, par l'immense vide qu'elle laissait dans le monde. Les êtres humains, réels et vivants, ont une présence infiniment plus grande que ce que nous pouvons voir et nommer. Elle est si subtile, si particulière, si vivante, qu'elle échappe aux mots. Après la mort de Joy, Lewis comprit que pour vivre pleinement, il nous faut nous détacher de nos pensées et de nos images étriquées et obscures, et « tendre les bras de l'amour ». Il nous faut embrasser le mystère de l'inconnu. Pratiquer le pardon, demander et accorder le pardon, c'est tendre les bras de l'amour à la vie.
Comme beaucoup d'hommes de sa génération, mon père était un vétéran de la Seconde Guerre mondiale. À la fin de ses funérailles, il y a quelques années, une garde d'honneur a tiré une salve de vingt et un coups de canon. Ce rituel s'inspirait de la coutume des navires de tirer tous leurs canons pour signifier leur venue pacifique. N'ayant pas le temps de recharger avant d'être à portée de la côte, le navire se rendait volontairement sans défense. Demander et accorder le pardon, c'est déposer les armes, oser se montrer tel que l'on est, sans défense. En cette nouvelle année, puissions-nous tous oser déposer les armes, nous dépouiller de toute armure, même la plus subtile. Puissions-nous tous naviguer vers la nouvelle année désarmés, osant tendre les bras et les mains vers l'inconnu. L'inconnu, c'est notre propre potentiel. Oser embrasser le mystère de la vie, c'est puiser force, inspiration et confiance pour l'avenir. C'est un nouveau départ.
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1 PAST RESPONSES
May I add, forgiveness is a gift we give ourselves. It does not mean in doing so, we also have to continue to extend ourselves to those who neither seek forgiveness or intend to change their behavior. Forgive and run.