Back to Stories

Une Femme Au Foyer Radicale fête Ses 40 Ans

J'ai eu quarante ans la semaine dernière. Bob sait qu'il vaut mieux éviter de me stresser avec une fête d'anniversaire. Mon anniversaire idéal, c'est un moment de solitude, loin du monde, pour le célébrer en pleine nature, avec ma famille, mes chiens et mes pensées.

Passer le cap des 40 ans, c'est aussi avoir le courage d'affronter mes rêves les plus profonds et les plus secrets et de les révéler au monde.

L'approche de mes 40 ans a beaucoup occupé mon attention ces derniers mois. J'ai tendance à être assez mélancolique à l'occasion de mon anniversaire, à regretter le temps qui passe (une habitude qui a commencé à mes 10 ans). L'été dernier, j'ai décidé que si je ne voulais pas passer cette année charnière à me morfondre, je devais me faire un cadeau.

Il me fallait choisir quelque chose qui me remonte le moral, stimule mon esprit, alimente ma créativité. Il fallait que cela me fasse peur, avec un défi qui, plus tôt dans mon parcours, aurait pu me paraître insurmontable.

Il fallait que ce soit quelque chose que j'avais secrètement désiré toute ma vie.

Ainsi, pour fêter mes 40 ans, j'ai choisi de prendre tout l'hiver pour écrire mon premier roman.

Mais une mère de deux enfants vivant dans une ferme familiale ne se permet pas ce genre de choses. Personnellement, je prends une heure ou deux par jour. Ensuite, je temporise entre les disputes, j'organise les emplois du temps, j'aide à préparer le petit-déjeuner, je promène les chiens, j'enseigne à mes enfants, je prépare le déjeuner. Et cette année en particulier, confrontée aux blessures liées au travail et à l'âge sur notre ferme familiale, en tant qu'adulte la plus forte (pour le moment), je me retrouve à passer plus de temps à fendre du bois, à jeter le foin, à casser la glace des seaux gelés et à porter des caisses de viande.

Le matin de mon anniversaire, papa avait rendez-vous à l'hôpital et je savais que je devais être à la ferme avant même de pouvoir prendre un café avec Bob et les filles. Mais je me suis réveillée aux aurores, bien avant que les vaches ne s'agitent et que les moutons n'entament leur chant matinal. Et je me suis offert le plaisir de me mettre à travailler sur mon roman.

Je suis ensuite allée en voiture à la ferme et j'ai salué les vaches, les poules et les moutons. J'ai mis de la litière fraîche pour les poules, versé lentement de l'eau d'un seau pour que le bœuf Devon rouge puisse tremper sa langue dans le ruisseau (il adore ça), puis je me suis arrêtée pour contempler le soleil qui filtrait à travers les interstices de la grange et illuminait les brins de foin flottants, comme un projecteur sur leur danse dans l'air hivernal. J'ai flâné dans la cour de la ferme jusqu'au retour de mes parents de l'hôpital. Voyant papa sourire, soulagé un instant de sa douleur, je suis partie et j'ai pris congé.

J'ai ôté mes bottes de travail et ma salopette, enlevé mon chapeau et mes gants, puis je me suis installée dans mon petit fauteuil à bascule, installé dans un coin ensoleillé de la maison. Là, les poules se sont pressées autour de moi, de petites poussins tout excités, impatients de se blottir contre leur mère, mais tout aussi impatients de piailler, de danser et de faire la fête. Mes genoux se sont vite couverts de dessins colorés, de cartes d'anniversaire faites main, de bijoux en argile cuite et de petits pots modelés.

Bob était assis tranquillement sur la chaise d'en face, ses doux yeux bruns embrassant la scène. Puis il sortit une boîte et la posa sur mes genoux. À l'intérieur se trouvait une sculpture d'une femme iroquoise, une sangle de fardeau autour de la tête, un fagot de bois sur le dos. Et à côté, un poème qu'il avait écrit :

Ramener à la maison

Le grésil murmure aux écorces des feuilles de hêtre
tandis qu'elle passe devant les yeux immobiles des trembles somnolents
qui ont cédé leurs os à son usage,
gardé au sec, à l'abri de la neige convoitée.

Chaque pas choisi et délibéré,
elle se penche pour se décharger de sa charge
habitant là où son poids, traînant vers l'arrière

est en position face à la sienne, prenant de l'avance
sur le chemin qu'elle a tracé au gré de ses pérégrinations.

Son cœur chante sa chanson avec une certitude tranquille,
Son front porte le fardeau, résolu et conscient.
que le fourré et le bois sensibles ont toujours eu l'intention
qu'elle emporte avec elle la flamme de leurs feux d'automne
se réveiller comme la lumière et la chaleur de son foyer.

Je levai les yeux vers lui, les larmes aux yeux. « Pour célébrer tes fardeaux », murmura-t-il, avant d'effleurer mes lèvres des siennes.

Et, grâce à lui, je comprends l'importance d'avoir 40 ans. Il s'agit notamment d'être suffisamment mature, suffisamment confiante, suffisamment courageuse pour affronter mes rêves les plus profonds et les plus secrets et les révéler au monde.

L'autre aspect consiste à accepter toutes ces forces qui semblent s'opposer à ces rêves, à ces fardeaux que j'ai choisis en vivant et en me donnant à ceux que j'aime.

Célébrez les rêves. Célébrez aussi les fardeaux. Car c'est dans cette délicieuse tension – où les rêves s'opposent au poids des fardeaux – que la vie devient une œuvre d'art magnifique.

Share this story:

COMMUNITY REFLECTIONS

3 PAST RESPONSES

User avatar
Kristin Pedemonti Mar 31, 2014

beautiful piece, thank you! Each birthday year I strive to go somewhere new, share Free Hugs and other acts of Kindness and Celebrate being totally ALIVE and filled with JOY. Our burdens, whatever they may be, serve to make us stronger. They can be viewed as obstacles or opportunities. choose wisely. :) HUG!

User avatar
Mish Mar 30, 2014

Such a beautiful piece to read this morning. Brought tears. I am 66....esch day now a celebration. Grateful.

User avatar
wanderingalan Mar 30, 2014

found this article enjoyable and inspirational
I am turning 70 this year
I have not made my birthday a celebration
except during the past 16 years since my wife died
I have chosen to be doing something different, unique
and usually on my own or by myself each June 30th

thank you for sharing this piece