Dugnad. Prononcez-le avec moi : dugnad (doog-nod). C’est un mot norvégien que j’ai appris cette semaine ; un mot ancien, qui remonte à l’époque viking, lorsque les villageois travaillaient ensemble pour ramener les navires à terre après de longs voyages en mer. C’est ça, dugnad . Plus tard, les communautés agricoles norvégiennes s’entraidaient pour se préparer aux hivers rigoureux et survivre à d’autres épreuves. Dugnad. Dans les années 1940, les Norvégiens se sont mobilisés pour résister à cinq années brutales d’occupation nazie. Dugnad.
Traditionnellement, le dugnad est l'effort collectif de Norvégiens qui sacrifient leurs désirs personnels et acceptent que leur propre conception de la « normalité » soit temporairement perturbée, pour le bien de leur communauté ou de leur pays.
Le 12 mars dernier, après le premier décès d'un Norvégien des suites du COVID-19, la Première ministre Erna Solberg a lancé un appel à la solidarité nationale. Elle a exhorté tous les Norvégiens à s'unir pour freiner la propagation de la maladie. Grâce à cet effort, le pays a pu contenir l'épidémie et éviter un nombre massif de contaminations et de décès.
À ma connaissance, je n'ai aucun Norvégien dans ma famille. Pourtant, un concept proche du dugnad est inscrit en moi. Je l'appelle « amour du prochain », « engagement pour le bien commun », « devoir civique », voire « patriotisme », au sens le plus noble du terme. J'attribue ce profond respect d'autrui à mon éducation, ma vie spirituelle et mes études de lettres, entre autres. Mais je soupçonne que cette sensibilité était innée chez moi, comme chez vous. Elle fait partie de notre nature humaine. Comment pourrait-il en être autrement ? Depuis la nuit des temps, nous avons dû compter les uns sur les autres pour survivre.
Parfois, pourtant, cette graine de solidarité s'enfouit si profondément en nous que nous n'en prenons même plus conscience. Nous manquons d'empathie. Nous préférons agir chacun pour notre propre compte plutôt que de nous consacrer à un objectif commun, même en temps de crise.
J'espère que nous pourrons trouver des moyens de renforcer notre confiance mutuelle. Peut-être pourrions-nous commencer, là où nous sommes, en partageant franchement nos convictions : chacun à son tour, tandis que les autres écoutent. J'entends par là une écoute attentive , sans chercher à analyser mentalement ce que l'on entend. Une écoute si profonde qu'à la fin de l'intervention, nous nous contentions de remercier, sans commentaire. Nous comprenons mieux, et cela suffit.
Essayons, voulez-vous ? Je vais commencer, si vous le permettez, puisque j'y suis déjà :
Je crois qu'il faut accueillir chaque nouveau jour avec gratitude. Qu'il faut nourrir l'espoir d'avoir des enfants. Qu'il faut être fidèle à ses amis. Qu'il faut être bienveillant envers les inconnus. Qu'il faut essayer d'aimer sans s'accrocher.
Je crois aux repas partagés entre voisins et aux cafetières. Aux vélos, aux fleurs et aux vérandas. Au silence et à la solitude. Aux sanctuaires et à la nature sauvage. Au lâcher-prise. À me perdre parfois pour mieux me retrouver. À la nécessité de désherber mon jardin. Au plaisir de récolter des pommes de terre et d'en offrir. À l'équilibre subtil entre liberté et responsabilité. Au pouvoir des mots. Au devoir de voter.
Je crois que l'univers est immense et que notre place en son sein n'est qu'un grain de sable, pourtant nos actes et nos paroles ont un impact. Je crois que la joie est éphémère. Que la vie est difficile. Que la sérénité est possible, même au cœur de la souffrance. Que la vie est un fragile réseau de liens familiaux. Que la mort est toujours proche. Je crois en l'infime part de mon savoir, en la valeur du vôtre, en l'immensité de ce que nous pouvons apprendre ensemble, et en l'existence de ce que nous ne pouvons connaître à jamais.
Je crois aux arbres, surtout aux vieux arbres, et au ciel en perpétuel changement, qui n'a pas de frontières. Je crois que mon bien-être est indissociable du vôtre. Je crois qu'il faut parfois transgresser les limites du bien commun pour défendre ce qui est juste. Je crois à la poésie, aux histoires, à la musique, à l'art et aux rêves – à tout ce qui nous aide à nous interroger sur notre identité et à imaginer ensemble ce que nous pourrions devenir.
Je crois en toi…
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3 PAST RESPONSES
Delightful indeed, thank you!
Mitakuye oyasin, hozho naasha doo, beannacht.
Translation: All are my relatives (Lakota), therefore I will walk in harmony (Navajo/Diné), blessed to be blessing (Irish Gaelic).
Thanks Phyllis for sharing your beliefs. It's inspired me to once again ask myself the same question. Write on!
I believe in kindness and compassion to everyone, no exceptions.
I believe in sharing.
I believe in being present & listening and learning even when our views are different.
I believe in loving each other.
I believe in "together we get through"
I believe these are indeed challenging times & yet holding onto hope.
I believe in letting go of that which no longer serves us.
I believe in us and there's no "them"♡