Nombreux sont les hommes politiques qui désirent sincèrement servir leurs communautés et leurs nations avec humilité et intégrité, consacrant leur vie à cultiver une sagesse qui profitera à l'ensemble de la société ; malheureusement, ils sont minoritaires.
L'opinion générale concernant les personnes qui occupent des postes à responsabilité est qu'elles sont sources de division, immatures et, en général, égocentriques et dogmatiques. À un degré moins destructeur, nos politiciens ont tendance à s'enliser dans des luttes partisanes destructrices et à exagérer les défauts d'autrui : pris au piège d'agendas étroits, ils apparaissent comme incapables de répondre aux besoins complexes des sociétés en évolution. Ils arborent souvent leur rigidité idéologique comme un titre de gloire, et celle-ci est de plus en plus considérée comme un prérequis nécessaire pour être sélectionné par un parti.
Dans leurs aspects les plus destructeurs, ils dénigrent tout ce qui ne correspond pas à leurs intérêts, affichent fièrement leur intolérance ou leur sectarisme, sont enclins à des diatribes médiatiques et assument pleinement de considérer ceux qui ne partagent pas leurs convictions idéologiques comme des ennemis du bien. Et comme nous le savons, ils recherchent, collaborent et conspirent avec l'argent comme instrument décisif pour conquérir et exercer le pouvoir. Ceci sans compter le petit nombre de politiciens qui sont soit des menteurs pathologiques, soit profondément corrompus, soit qui incitent à la haine, soit qui ne reculeront devant rien pour se maintenir au pouvoir.
Il est évident que la politique est devenue une profession dégradée.
Il est temps d'exiger de nos élus qu'ils remplissent les conditions requises pour exercer la fonction publique de manière à servir efficacement la cause de sociétés sûres, saines, équitables et diverses, vivant dans un monde interdépendant et une écosystème partagé. Voici les qualifications que je considère essentielles. Je vous encourage à compléter cette liste et à la transmettre à vos représentants politiques pour discussion. Diffusons ces qualifications afin que les jeunes, animés d'idéaux et d'intégrité, puissent les consulter et prendre conscience des besoins actuels, en ces temps complexes et difficiles – des temps qui appellent une nouvelle génération de fonctionnaires et un leadership politique inspiré.
Empathie
Sans empathie, la civilisation ne peut progresser. Les individus qui en sont dépourvus sont prisonniers de motivations égoïstes et d'une fixation sur leur ego : ils n'ont pas appris à se mettre à la place d'autrui. Les politiciens qui manquent d'empathie établissent des relations avec les autres par le biais d'une conception primitive de l'appartenance à un groupe ou de l'exclusion d'un autre. Ce stade de développement psychologique ne permet aucune forme de compromis. La conviction se réduit à des codes binaires simplistes tels que : « Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous. »
En l'absence d'empathie, la politique de la colère et de l'emportement domine la vie publique, et se présenter comme ayant toujours raison est perçu comme la seule stratégie politique sûre. Aucune entreprise ni institution n'embaucherait des personnes présentant un tel déficit cognitif et affectif, et pourtant, nous leur confions le pouvoir. Or, les politiciens dépourvus d'intelligence émotionnelle alimentent les divisions sociales et engendrent l'intolérance.
L'empathie peut s'acquérir, même pour ceux qui en sont dépourvus. Elle exige d'apprendre à s'ouvrir et à respecter les points de vue d'autrui : elle nous invite à ouvrir notre cœur et notre esprit afin de percevoir les autres avec authenticité et justesse. L'empathie est ainsi le fondement d'une écoute respectueuse et bienveillante, du dialogue et de la non-violence. À ce titre, elle est l'une des pierres angulaires de la démocratie. Les responsables politiques doivent écouter les autres, non pas pour les diviser entre ceux qui ont raison et ceux qui ont tort, mais pour que les personnes et leurs préoccupations soient comprises avec exactitude. Pourquoi une notion aussi fondamentale que la représentation de la diversité des intérêts et des préoccupations semble-t-elle si souvent négligée dans la politique contemporaine ?
L'empathie ne consiste pas à plaindre autrui ; il s'agit de le comprendre en se mettant pleinement à sa place. Quiconque aspire à une fonction publique devrait au minimum posséder cette capacité à se mettre à la place des autres et, ce faisant, à s'élever socialement. Les idéologues insensibles et dépourvus de compétences relationnelles ne peuvent servir l'intérêt général.
Dialogue
Le dialogue exige des compétences en communication matures, dont sont dépourvus ceux qui se contentent de parler à tort et à travers, de prêcher, de cajoler, de vociférer ou de se livrer à des monologues verbeux et condescendants. Certains prétendent que c'est ainsi que l'on débat dans une société libre, mais il n'en est rien. Le débat a certes toute sa place dans la vie politique, mais il s'est malheureusement réduit à une forme toxique d'accusations mutuelles et de diffamation, au lieu d'être un véritable échange d'idées. Le débat devrait servir à éclairer la valeur des idées et non à masquer des positions ou à créer des diversions interminables qui détournent l'attention des questions posées.
Le dialogue repose sur le respect, et il ne peut y avoir de démocratie sans respect. Dialoguer, c'est écouter pour comprendre et apprendre à apprécier les différences comme les points communs. Le dialogue vise à jeter des ponts pour que le sens partagé puisse s'épanouir. Sans cet espace de dialogue, la démocratie est vulnérable à la projection des idées les plus superficielles par ceux qui ont les moyens de financer la désinformation et la propagande les plus efficaces. Le dialogue est de plus en plus dénigré car il exige une certaine flexibilité, perçue comme une trahison des positions idéologiques intransigeantes. Lorsque le dialogue est sacrifié, l'extrémisme triomphe. Et lorsque l'extrémisme triomphe, seuls les politiciens en profitent.
Le dialogue est une pratique. Ceux qui souhaitent s'engager dans la vie politique doivent faire preuve d'une maîtrise significative de cette pratique, condition essentielle pour accéder à ce domaine.
Allégeance à l'ensemble
Le sectarisme étroit s'est enraciné si profondément enraciné dans une idée fausse, selon laquelle croire en sa propre rectitude, en excluant tout autre point de vue, serait le seul moyen de servir le bien commun. C'est manifestement faux : cette affirmation présuppose que les perspectives divergentes pervertissent le bien commun plutôt que d'en être l'expression essentielle des idéaux fondateurs. Le sectarisme étroit s'appuie sur l'imposition et la victoire de son idéologie particulière afin d'empêcher toute idée contraire de trouver un fondement légal dans la société. Il conçoit la politique comme un moyen d'imposer des opinions partisanes à autrui et à la société dans son ensemble. Or, la démocratie n'est protégée de cette forme d'extrémisme que lorsqu'elle favorise une culture politique au service de tous. La démocratie est un système interactif complexe d'éléments interdépendants : ceux qui aspirent à la diriger doivent prouver qu'ils en comprennent le fonctionnement.
La pensée systémique repose sur la compréhension du fonctionnement harmonieux des différentes parties au service de l'ensemble. Dans les sociétés modernes, cela implique de comprendre comment les systèmes économiques peuvent soutenir les écosystèmes au lieu de les détruire, comment les systèmes financiers peuvent prospérer sans compromettre la durabilité des communautés, comment chacun peut vivre librement selon ses valeurs et son mode de vie sans les imposer à autrui, et comment les nations peuvent coopérer de manière optimale et protéger les droits universels face à l'exploitation, la répression et le terrorisme. Se contenter de défendre ses propres intérêts est voué à l'échec. Nul ne mérite une carrière politique s'il échoue en matière de pensée systémique.
Conclusion
Il existe bien d'autres qualités requises pour exercer la fonction publique et la politique que ces trois-là. Naturellement, nous devrions pouvoir exiger de nos fonctionnaires et de nos élus qu'ils fassent preuve d'honnêteté, d'intégrité et d'humilité. Mais ces qualités sont difficiles à évaluer d'emblée, car elles constituent le fondement du caractère et non des compétences acquises. Les trois que j'ai retenues comme qualifications essentielles représentent le socle indispensable des compétences nécessaires à un service efficace. Toutes trois peuvent être développées.
Si tous les politiciens devaient prouver leur capacité à faire preuve d'empathie, à dialoguer avec la différence et à démontrer leur loyauté indéfectible envers la collectivité, la politique s'en trouverait transformée à jamais. Aucune profession offrant autant de pouvoir n'exige aussi peu de qualifications que la politique. N'importe qui, doté d'un ego démesuré et d'un agenda étroit, peut se présenter. Changeons la donne et faisons appel à ceux qui possèdent de véritables compétences pour être les artisans de la transformation sociale dont notre époque a si désespérément besoin.
COMMUNITY REFLECTIONS
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9 PAST RESPONSES
Too many politicians proclaim that people must learn to pull themselves up by their bootstraps. In the arena in which I work, that would be fine IF people actually had boots.
(by the way, if you're interested in communicating about these ideas, please write me at donsalmon7@gmail.com; thanks.
These are undoubtedly wonderful ideas. Unfortunately, the "elephant in the room" is not being addressed. Are there any powerful interests that wish to see the current state of affairs continue, and in fact, see it strengthened?
When Lewis Powell, in 1971, looked at the various burgeoning environmental and sustainability movements, and saw that large numbers of people were genuinely moving toward simpler, non materialistic living, he was deeply concerned. His call for action resulted in think tanks and a host of other organizations dedicated to supporting backward looking corporations and others who saw their power slipping away.
Now that it is more obvious than ever that humanity has to take a different direction from the one Lewis Powell sought to foster, the old guard is digging in their heels even more. One of the groups the powerful thought would be helpful to them - the most extreme fundamentalists - have turned into one of the most divisive powerful forces, perhaps even beyond what Powell and his colleagues thought (the texas GOP just put together a platform which, among other things, calls for more corporal punishment in schools and the banning of critical thinking skills).
The sustainability movement won't stop, and critical thinking will be taught, and by mid century, I believe will be accepted by most. But we can go through the next 38-40 years smoothly, or it can be a desperate struggle with the forces of ignorance. It's up to each of us to find practical ways in our own lives to help foster a smooth transition to a new way of being.
[Hide Full Comment]As Churchman said: "A systems approach begins when first you see the world through the eyes of another" (Churchman, 1968, p. 231)
I would also like to see Politicians taking on a portfolio that they know about. You know, like if an Education Minister had actually ever been a teacher.... Or someone meant to be helping business had ever started one....
Just like I would prefer it if all drivers had to ride a push-bike and then a moped before they could drive a car...or lorry...etc
To credibly and empathetically Talk, it makes sense to at least have attempted the Walk.
Empathy is good but there are some other things needed too. Like an ethica vision. I will quote Josehph Howe who was a Nova Scotian journalist, politician and public servant.
"When I sit down in solitude to the labours of my profession, the only questions I ask myself are,
What is right? What is just? What is for the public good?"
Write these questions large when engaging our politicians. Sadly, too many of them are today in the pay of the bankers and corporations and these issues are buried in favour of "what is good for my sponsor?"
Thank you for the reminder that being "proudly intolerant" of the other party contributes to the problem. Guilty as charged. I just find it so hard to find middle ground when I consider the big picture and how our poor are underserved.
This is not just for politicians but for anyone in a leadership role: business, government, education and religion. It is Leading as Love.
It means that leaders establish common ground that serves the common good: Care about the well-being and dignity of everyone; understand without judgment; respect without control and respond with unconditioned presence. Simply, love makes a leader a leader.
Should be a Must Read for all politicians at every level of Government ... most especially our LEADERS OF ALL parties
Hear, hear!