Il y a un sentiment profond qui nous fait sortir du cadre de la routine.
« Cela nous est familier et nous ouvre à quelque chose de bien plus grand que nous-mêmes », écrit Homaira Kabir . Nous l’avons tous ressenti : la chair de poule sur nos bras sous d’imposants eucalyptus ou cette sensation d’espace dans notre poitrine en contemplant le soleil se coucher lentement à l’horizon.
Les chercheurs la définissent comme l'émotion de l'émerveillement. À l'instar de la plupart des émotions positives, elle favorise la santé physique et inspire des actions altruistes. Mais l'émerveillement est plus que cela : il sollicite les deux motivations paradoxales du cerveau humain. Il suscite un sentiment de peur, initié dans les parties les plus primitives du cerveau. Mais il nous ouvre aussi au sentiment d'appartenir à quelque chose de bien plus grand que nous-mêmes, le besoin le plus humain qui soit. C'est ce fonctionnement cérébral global qui est essentiel à une performance optimale, tant dans notre vie personnelle que professionnelle.
La réalité du monde du travail au XXIe siècle
La plupart des lieux de travail fonctionnent aujourd'hui selon le modèle de l'efficacité à tout prix hérité de la révolution industrielle, un modèle qui s'oppose radicalement à la quête de l'émerveillement. Ce modèle pouvait convenir à une époque où les travailleurs effectuaient le nombre d'heures nécessaires pour pouvoir profiter de la vie après le travail. Mais à l'ère de l'évolution des consciences, où le changement, l'incertitude et la concurrence sont devenus la norme, nous sommes surmenés, malheureux et désengagés. Sur le chemin du progrès, il semble que nous ayons perdu notre âme.
Pourquoi l'émerveillement pourrait être la réponse
L'émerveillement nous déstabilise et nous fait sortir de notre vision habituelle des choses. Mais au lieu de nous rendre réfractaires au changement, il nous ouvre à la nature éphémère de la vie et à notre place, certes infime, mais essentielle, au sein d'un tout infiniment plus vaste. Nous prenons conscience de notre fragilité et de notre vulnérabilité, ce qui nous inspire une profonde humilité. Mais nous apprécions aussi l'immensité de l'expérience et le désir de laisser une trace de nous-mêmes dans le monde.
Ce que les dirigeants peuvent faire pour la cultiver
Les employés conscients de leur rôle au sein de l'organisation et animés par la volonté de l'assumer pleinement sont ceux qui, inspirés par une vision plus large, parviennent à se concentrer sur l'essentiel. Bien que ces capacités résident dans deux hémisphères distincts de notre cerveau, nous, êtres humains, sommes particulièrement bien placés pour les mobiliser simultanément. En tant que dirigeants, nous aurions tout intérêt à cultiver cette aptitude.
La pratique quotidienne de la pleine conscience développe la capacité de sortir du confort de la routine et du tourbillon des émotions pour accéder à un sentiment de vie beaucoup plus intense.
Un mentor capable de ressentir à la fois l'anxiété et l'enthousiasme liés au fait de sortir de sa zone de confort peut aider les employés à mieux se connaître et ainsi à atteindre leur plein potentiel.
Les visites de musées et d'opéras sont d'excellents moyens de se laisser toucher par quelque chose de fort. Les organisations qui encouragent leurs employés à se reconnecter à leur être tout entier les aident à s'épanouir pleinement au travail.
Les organisations qui prennent au sérieux le bénévolat et les actions solidaires répondent à un besoin humain fondamental de donner un sens à leur vie. Les employés qui perçoivent l'impact positif de leur travail sont naturellement motivés à s'investir davantage.
Se reconnecter à la nature est l'un des meilleurs moyens de se sentir appartenir à quelque chose de plus grand et de se rappeler la fragilité de la vie. Cela ravive notre responsabilité envers elle, une responsabilité souvent oubliée dans le tourbillon quotidien des échéances.
Accéder à une conscience empreinte d'émerveillement a des implications profondes sur notre manière de vivre. Plutôt que de la cantonner au domaine spirituel, les dirigeants gagneraient à cultiver ses qualités à la fois impressionnantes et exaltantes au travail. Mais comme le souligne Kirk Schneider, auteur de « L'Éveil à l'émerveillement », il ne s'agit pas d'un outil que l'on peut utiliser à volonté. C'est tout au plus une façon d'être – peut-être plus proche du concept taoïste de wu-wei (prononcé ou-wei) – que l'on peut traduire par « essayer de ne pas essayer ».
Une énigme aussi paradoxale que le cerveau humain.
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1 PAST RESPONSES
Occupation as a meditation,so essential ........but very difficult ....for me siting meditation, ,observing inner reality with open mind gives me the ability to expand that openness into work place,I do not know If I could do it without.Great article.Thank you very much.