Les États-Unis
ates s'enorgueillit d'être un phare d'innovation.
Mais la créativité des Américains a considérablement diminué ces dernières décennies, d'après une étude de la psychologue de l'éducation KH Kim, auteure du récent ouvrage « The Creativity Challenge » . Kim a testé plus de 270 000 personnes, des enfants de maternelle aux adultes, en évaluant notamment leur capacité à générer des idées originales, à penser de manière détaillée et élaborée, à synthétiser l'information, et à faire preuve d'ouverture d'esprit et de curiosité – ce qu'elle considère comme la créativité. Ses recherches ont révélé que la créativité des Américains avait progressé de 1966 à 1990, avant de décliner significativement.
Et c'est là le problème. « L'Amérique compte un nombre de plus en plus restreint de personnes capables de trouver et de mettre en œuvre des solutions aux problèmes auxquels le pays est confronté aujourd'hui », écrit-elle. « Si cette tendance ne s'inverse pas rapidement, l'Amérique sera incapable de relever les défis de demain. »
D'après les recherches de Kim, la crise de la créativité est due à un « glissement progressif et généralisé de la société vers les valeurs fondatrices de la créativité américaine ». Au XXe siècle, l'immigration internationale aux États-Unis a apporté des perspectives diverses qui ont contribué à alimenter la créativité du pays, explique-t-elle. En retour, le système éducatif américain encourageait la créativité en mettant l'accent sur la diversité intellectuelle, la curiosité, la prise de risques et la non-conformité. Cependant, les réalités économiques ont entraîné une évolution de ces valeurs : à partir des années 1980, cultiver sa créativité n'apparaissait plus comme un gage de stabilité professionnelle, et les établissements scolaires se sont concentrés sur l'amélioration des résultats aux tests standardisés afin d'obtenir des financements, écrit Kim.
Le livre « The Creativity Challenge » explique comment lutter contre cette tendance décourageante. Il nous invite tous, et plus particulièrement ceux qui occupent des postes de direction, à créer des environnements qui encouragent la créativité et tous les bienfaits qu’elle apporte.
Huit signes d'une personne créative
Pour encourager la créativité, il est essentiel que les managers, les enseignants et les parents comprennent les comportements et les attitudes des personnes créatives, et qu'ils les reconnaissent et les soutiennent. Autrement dit, nous devons savoir reconnaître la créativité dans la réalité : chez les personnes que nous encadrons, chez nos enfants et nos élèves, et même en nous-mêmes. L'ouvrage de Kim recense plus de vingt comportements communs aux personnes créatives, d'après des décennies de recherche qu'elle a analysées. Nombre d'entre eux, notamment les suivants, peuvent parfois être perçus à tort comme de la rébellion ou un manque de pragmatisme.
Vision globale : Les personnes créatives pensent de manière abstraite, en faisant abstraction des détails concrets de la situation actuelle et en recherchant de nouvelles solutions. Cependant, leur optimisme et leur curiosité peuvent parfois les faire paraître rêveuses et irréalistes.
Spontanés : Les personnes créatives ont tendance à être flexibles et à saisir rapidement les nouvelles opportunités, en les abordant avec un esprit ouvert et une perspective ludique, ce qui peut paraître impulsif.
Enjoués : les personnes créatives sont généralement insouciantes et ont soif d’explorer le monde. Cependant, cela peut aussi être perçu comme de la malice.
Résilience : Les personnes créatives savent se relever après un échec et surmonter les difficultés, en se concentrant sur de nouvelles façons de les surmonter. Parfois, cela peut paraître agressif.
Autonomie : Les personnes créatives recherchent souvent l’indépendance dans leurs pensées et leurs actions, s’appuyant sur leur motivation intrinsèque pour atteindre leurs objectifs. Il arrive que ces individus semblent incontrôlables.
Esprit rebelle : Les personnes créatives ont tendance à rejeter les normes et les autorités établies pour atteindre leurs propres objectifs. Cela leur permet de percevoir ce que les autres ne voient pas et de développer des solutions novatrices, ce qui peut paraître subversif.
Prise de risques : Portés par leur optimisme, de nombreux créatifs sont prêts à sacrifier la sécurité au profit de récompenses incertaines. Pour le commun des mortels, cela peut paraître de l’inconscience.
Rêverie : En rêvant, les personnes créatives sont capables d'envisager de nouvelles perspectives et solutions, mais en cours de route, certaines de leurs idées peuvent sembler illusoires.
Comment soutenir les créatifs
Le plus difficile, lorsqu'il s'agit de reconnaître la créativité, c'est qu'elle se déroule souvent en coulisses : on peut observer quelqu'un rêvasser au travail sans savoir s'il procrastine ou s'il prépare le terrain pour une idée créative. Le processus créatif est en quelque sorte invisible, même si ses résultats sont puissants.
Dans cette optique, Kim propose quelques suggestions pour soutenir la créativité :
Offrez aux créatifs les ressources dont ils ont besoin. Les innovateurs sont comme des plantes, explique Kim : ils ont soif de ressources pour croître et se développer. Cela implique de leur donner le temps et la liberté d’explorer des activités informelles susceptibles de les inspirer, qu’il s’agisse de formation continue au travail ou de projets scolaires alternatifs. Si un employé souhaite consacrer une journée de travail à la visite d’une nouvelle exposition dans un musée, vous pouvez l’y autoriser ; il est peut-être en panne d’inspiration et a besoin d’un déclic pour trouver l’idée de son prochain projet.
Favorisez la diversité. Les environnements multiculturels et ouverts à la diversité linguistique, ethnique et sexuelle permettent l'émergence de perspectives différentes qui remettent en question nos schémas de pensée préétablis. Les dirigeants doivent veiller à éviter de créer une communauté culturellement homogène et conformiste.
Encouragez le mentorat. Kim suggère que les mentors stimulent la créativité. « Ils incitent leurs mentorés à explorer de nouvelles pistes pour révéler leur singularité en prenant des risques intellectuels ou en s'affranchissant des idées reçues », écrit-elle. Les dirigeants peuvent structurer leur organisation de manière à encourager les employés ou étudiants plus expérimentés à encadrer leurs collègues.
En gardant ces lignes directrices à l'esprit, nous pouvons œuvrer à développer des environnements structurés pour favoriser la créativité, ce qui, à son tour, profitera aux organisations et aidera la société à relever les défis actuels grâce à des idées nouvelles et indispensables.
« Les êtres humains possèdent une capacité et un potentiel de création sans précédent, et beaucoup découvrent qu’en créant, ils accomplissent leur véritable raison d’être », écrit Kim.
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1 PAST RESPONSES
"However, economic realities caused a shift in these values: Starting in the 1980s, cultivating creativity didn’t seem like the path to a stable job, and schools shifted to focus on improving standardized test scores in order to get funding, Kim writes."
What wasn't mentioned here is that this was very much a deliberate effort, and a core part of the neoconservative agenda. It corresponds perfectly with their concerted efforts in the 1980s to take over school boards nationwide, and the plan to remove "dangerous" things like thinking skills and inquiry-based learning from curriculum. I was teaching during this time, and teachers using creative, innovative methods were attacked professionally and personally. The cons sought a return to "traditional methods", such as rote memorization and eschewed independent thinking skills, which they claimed taught kids to "question the values they were brought up with."
From those efforts came the nationwide political move to base school funding on test scores, and the preferred curriculum was seen as that offered from large publishing corporations, and a key benefit from the conservative point of view was that it was "teacher-proof".
Teachers were given scripted lesson plans - literal scripts - that must be adhered to no matter what. If it was October 12, you better be on p.23 of Unit 4, or else. Being able to successfully regurgitate the material the tests covered long enough to pass the tests and keep the districts funding became key.
As any true educator knows, learning - real learning - is messy, unscripted, and often occurs in fits and starts. It involves a myriad of factors, a number of which reside outside the control of any district or classroom. Deep learning is not measured by standardized tests.
I think most readers here realize that standardized tests measure successful regurgitators, and to a large extent, conformity, the primary objectives of public education. On these tests, there is only one "right answer". This mentality is the very antithesis of creative thinking and doing, as the Kim states.
The goal is to produce people just smart enough to work the equipment and perform the tasks the corporate elite deems important, but not independent or creative enough to truly think for oneself. Hence the current emphasis in secondary and higher ed on "job skills". And while having job skills is not a bad thing, seeing the mentality behind the current system is important if we ever hope to have something more creative for our children and grandchildren.
Kim's work, and the ideas presented here, are of critical importance. The problems we are facing will require creative and innovative thinking and problem-solving like never before!
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