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La Promesse Et Le Paradoxe De La communauté

Nous, êtres humains, avons un profond besoin les uns des autres. Comme l'a décrit l'écrivain et enseignant ouest-africain Malidoma Some, nous possédons un « instinct de communauté ». Pourtant, à la fin du XXe siècle, cet instinct de vivre ensemble se concrétise par une fragmentation et une séparation croissantes. Nous assistons à une multiplication des guerres ethniques, des milices, des clubs d'intérêts spécialisés et des forums de discussion. Nous utilisons cet instinct de communauté pour nous séparer et nous protéger les uns des autres, au lieu de créer une culture mondiale de communautés diverses mais interdépendantes. Nous recherchons ceux qui nous ressemblent le plus afin de nous protéger du reste de la société. De toute évidence, nous ne pouvons bâtir un avenir digne d'être vécu en suivant ces voies de séparation. Notre mission essentielle est de repenser notre conception de la communauté afin de passer du protectionnisme fermé des formes actuelles à une ouverture et une adhésion à la communauté planétaire.

Il est paradoxal qu'au milieu de cette prolifération d'îles spécialisées, nous vivions entourés de communautés qui savent tisser des liens grâce à leur diversité, des communautés qui réussissent à créer des relations durables sur le long terme. Ces communautés forment les réseaux de relations que l'on appelle écosystèmes. Partout dans la nature, des communautés d'individus divers vivent ensemble de manière à soutenir à la fois l'individu et le système dans son ensemble. En créant ces systèmes, de nouvelles capacités et de nouveaux talents émergent de cette vie en communauté. Ces systèmes nous apprennent que l'instinct communautaire n'est pas propre à l'humain, mais qu'il se retrouve partout dans le vivant, des microbes aux espèces les plus complexes. Ils nous apprennent aussi que la manière dont les individus s'intègrent aux écosystèmes est paradoxale. Ce paradoxe peut être une grande source d'enseignement pour nous, humains.

La vie prend forme à travers des individus qui, d'emblée, tissent des liens. Ces individus et ces systèmes émergent de deux forces apparemment contradictoires : le besoin absolu de liberté individuelle et le besoin fondamental de relations. Dans la société humaine, nous luttons contre la tension entre ces deux forces. Mais dans la nature, les exemples réussis de ce paradoxe abondent et révèlent des enseignements précieux. Il est possible de créer des communautés résilientes et adaptables qui accueillent notre diversité autant que nos membres.

Le premier impératif de la vie est la liberté de se créer elle-même. Selon une définition biologique, un être vivant est capable de se créer. La vie commence par cette liberté primordiale de créer, cette capacité d'autodétermination. Chaque individu se crée avec des limites qui le distinguent des autres. Chaque individu et chaque espèce représente une solution différente pour vivre sur Terre. Cette liberté est à l'origine de l'infinie diversité de notre planète.

Tout au long de son parcours de vie, l'individu exerce sa liberté sans cesse. Libre de choisir ce qui capte son attention, ce à quoi il accorde du sens, il décide de sa réaction, qu'elle évolue ou non. Cette liberté est si intrinsèque à la vie que deux biologistes chiliens, Humberto Maturana et Francisco Varela, affirment qu'on ne peut diriger un organisme vivant, mais seulement espérer attirer son attention. La vie n'accepte que des partenaires, non des maîtres, car l'autodétermination est son essence même.

Le second grand impératif de la vie pousse les individus à sortir de leur solitude pour rechercher une communauté. La vie est une quête systémique ; il existe un besoin fondamental de relation, de connexion aux autres. La biologiste Lynn Margulis souligne que l’indépendance n’est pas un concept qui explique le monde vivant. Il s’agit uniquement d’un concept politique que nous avons inventé. Les individus ne peuvent survivre seuls. Ils se déplacent constamment pour découvrir les relations dont ils ont besoin, les relations possibles.

L'évolution progresse grâce à ces nouvelles relations, et non grâce à la dynamique impitoyable et solitaire de la survie du plus apte. Les espèces qui choisissent d'ignorer les relations, qui agissent avec avidité et rapacité, disparaissent tout simplement. Si l'on observe l'histoire de l'évolution, on constate que la coopération s'accroît au fil du temps. Cette coopération naît de la reconnaissance fondamentale que l'on ne peut exister sans l'autre, que c'est seulement au sein d'une relation que l'on peut être pleinement soi-même. L'instinct de communauté est omniprésent dans la vie.

À mesure que les systèmes se mettent en place, le paradoxe de l'individualisme et de la connectivité se précise. Les individus apprennent à vivre ensemble de manière à se soutenir mutuellement. Pourtant, ils restent très attentifs à leurs voisins et à leur environnement. Ils n'agissent pas par un instinct de survie aveugle, ni en récepteurs passifs des exigences d'autrui. Ils ne sont jamais contraints de changer par les autres ou par l'environnement. Mais lorsqu'ils choisissent de changer, « l'autre » influence fortement leurs décisions individuelles. La communauté se maintient dans la conscience de l'individu, qui exerce sa liberté de réagir.

Lorsqu'un individu change, ses voisins le remarquent et décident de leur réaction. Avec le temps, les individus s'imbriquent tellement dans ce processus de coévolution qu'il devient impossible de distinguer la frontière entre soi et autrui, ou entre soi et son environnement. Il existe un échange constant d'informations et d'énergie entre tous les voisins, et un processus continu de changement et d'adaptation à l'échelle du système. Paradoxalement, ce sont ces changements individuels qui contribuent à la santé et à la stabilité globales de l'ensemble du système.

À mesure qu'un système se forme grâce à de tels processus de coévolution, il offre une stabilité et une protection inaccessibles aux individus isolés. De nouvelles capacités émergent, tant chez les individus que dans le système dans son ensemble. Les membres développent de nouveaux talents et de nouvelles aptitudes en tissant des liens avec autrui. Individus et systèmes gagnent en compétences et en complexité. Les communautés enrichissent la vie au fil du temps, lui conférant une plus grande richesse et une complexité accrue.

Ces réseaux complexes de relations offrent des perspectives très différentes sur le soi et l'autre. La notion même de frontière se transforme profondément. Au lieu d'être un rempart d'autoprotection, les frontières deviennent un lieu de rencontre et d'échange. On conçoit généralement ces limites comme un moyen de définir la séparation, de délimiter ce qui est intérieur et ce qui est extérieur. Mais dans les systèmes vivants, les frontières sont tout autre chose. Elles sont le lieu où se tissent de nouvelles relations, un espace essentiel d'échange et de développement où chaque individu choisit de répondre à l'autre. À mesure que les liens se multiplient et que le système se construit, il devient difficile d'interpréter les frontières comme des mécanismes de défense, ou même comme des marqueurs de la limite de l'individu.

Les communautés humaines ne font pas exception à la règle. Elles se forment à partir de deux besoins fondamentaux : le besoin d'autodétermination et le besoin d'appartenance. Or, dans la société moderne, nous peinons à accepter le paradoxe inhérent à ces besoins. Nous cherchons à satisfaire l'un au détriment de l'autre. Bien souvent, appartenir à une communauté implique de renoncer à son autonomie individuelle. Les communautés se structurent autour de normes, de doctrines et de traditions spécifiques. Au lieu de reconnaître, comme c'est souvent le cas chez les peuples autochtones, la contribution unique de chaque individu au potentiel de la communauté, au lieu de reconnaître la nécessité pour la communauté de la diversité des talents, on exige des individus qu'ils se conforment, qu'ils obéissent, qu'ils servent le « bien commun ». L'inclusion a un prix élevé : celui de notre liberté d'expression. Avec la perte d'autonomie personnelle, la diversité non seulement disparaît, mais devient aussi un problème majeur de gestion. La communauté consacre alors de plus en plus d'énergie à développer de nouveaux moyens de contrôler les individus par une prolifération incessante de politiques, de normes et de doctrines.

Le prix que les communautés paient pour ce conformisme est épuisant et, pour leurs membres, il est littéralement mortel. La vie exige de satisfaire ses deux grands besoins, et non un seul. En cherchant à appartenir à une communauté, nous ne pouvons renoncer véritablement à notre besoin d'expression personnelle. Dans les communautés les plus restrictives, notre besoin de liberté se manifeste insidieusement, voire nous pousse à nous en éloigner complètement. Nous modifions notre apparence et nos vêtements, nous créons des cliques qui confortent notre façon d'être, nous formons des groupes dissidents, nous quittons la communauté physique, nous divergeons sur les doctrines et engendrons des schismes. Ces comportements témoignent de notre besoin irrépressible de nous construire, même lorsque nous aspirons au soutien d'autrui.

Particulièrement en Occident, et face à ce prix exorbitant de l'appartenance, nous nous tournons vers l'isolationnisme pour défendre notre liberté individuelle. Nous choisissons une vie solitaire pour qu'elle soit la nôtre . Nous abandonnons la vie pleine de sens que seul le contact avec autrui peut offrir pour une existence dénuée de sens, du moins à nos yeux. Un proverbe africain dit : « Seul, j'ai vu beaucoup de choses merveilleuses, mais aucune n'est vraie. » Ce que nous révèle notre quête de solitude, c'est le prix terrible exigé pour une telle indépendance. Nous nous retrouvons dans des abîmes de solitude et de vide existentiel, accablés par le désespoir et le vide de la vie.

Il semble que chaque fois que nous marchandons avec la vie et cherchons à satisfaire un seul de ses deux grands besoins, il en résulte une forme de véritable apathie. Nous devons vivre avec ce paradoxe : la vie ne nous permet pas de choisir notre camp. Nos communautés doivent soutenir notre liberté individuelle comme gage de santé et de résilience collectives. Et les individus doivent reconnaître leurs voisins et faire des choix guidés par le désir d’entretenir des relations avec eux, gage de leur propre santé et de leur propre résilience.

À première vue, le Web semble être une source de nouvelles communautés. Pourtant, ces groupes n'embrassent pas le paradoxe de la communauté. Le formidable potentiel d'un monde connecté électroniquement est utilisé pour créer des frontières plus rigides qui nous isolent les uns des autres. Grâce au Web, nous pouvons rechercher des relations avec des personnes qui nous ressemblent trait pour trait. Nous répondons à notre instinct communautaire, mais nous formons des groupes très spécialisés à notre image, des groupes qui renforcent notre séparation du reste de la société. On ne nous demande pas d'apporter notre singularité, seulement notre uniformité. On ne nous demande pas de découvrir, et encore moins de célébrer, le fait que nous avons besoin des talents des autres. Nous pouvons éteindre nos ordinateurs dès que la diversité nous met mal à l'aise. De tels réseaux spécialisés et repliés sur eux-mêmes sont aussi destructeurs pour l'individu que n'importe quelle organisation dictatoriale et dogmatique. Dans aucun de ces groupes, nous ne sommes invités à explorer notre individualité tout en étant en relation avec d'autres qui restent différents. Dans aucun de ces groupes, nous n'honorons le paradoxe de la liberté et de la communauté.

Au sein des communautés humaines, la liberté et le lien social s'épanouissent en se concentrant sur ce qui se passe au cœur de la communauté plutôt que sur ses formes et ses structures. Qu'est-ce qui nous a réunis ? Qu'est-ce que nous pensions possible ensemble, impossible individuellement ? Qu'espérions-nous accomplir en tissant des liens avec les autres ? Ces questions font appel à la fois à notre individualité et à notre désir de relations. Si nous restons attentifs à ces questions et que nous ne cherchons pas à structurer les relations par des politiques et des doctrines, nous pouvons créer des communautés qui prospèrent dans ce paradoxe.

D'après nos observations, la clarté qui anime une communauté quant à sa raison d'être transforme profondément la nature des relations en son sein. Ces communautés n'exigent pas de leurs membres qu'ils renoncent à leur liberté pour y appartenir. Elles se prémunissent contre l'attrait des comportements et des croyances proscrits, évitent le dogmatisme et l'autoritarisme, et restent concentrées sur leur projet commun. La diversité s'y épanouit. L'appartenance à une communauté se définit par un objectif partagé, et non par des convictions communes sur des comportements spécifiques. Cet objectif commun attire les individus sans pour autant les contraindre à renoncer à leur singularité. En se concentrant sur le travail accompli ensemble, plutôt que sur les identités individuelles, la tension entre appartenance et individualité se mue en communautés dynamiques et résilientes.

Dans notre travail, nous avons observé ces communautés dans les écoles, les villes et les organisations. Elles se construisent autour d'une intention commune et de quelques principes fondamentaux régissant leur vie en communauté. Elles n'adoptent pas une attitude prescriptive les unes envers les autres. Leur communauté ne repose pas sur des directives, mais sur un désir. Elles savent pourquoi elles sont ensemble et se sont entendues sur les conditions de leur fonctionnement. Et, point essentiel, ces conditions sont formulées avec un minimum de précision. L'un des exemples les plus encourageants que nous ayons rencontrés est celui d'un collège qui fonctionne comme une communauté dynamique d'élèves, d'enseignants et de personnel, en s'accordant sur le fait que tous les comportements et toutes les décisions sont basés sur trois règles, et seulement trois : « Prends soin de toi. Prends soin des autres. Prends soin de ce lieu. » Ces règles suffisent à maintenir la cohésion et la concentration, tout en laissant suffisamment de place à la diversité et à l'individualité des réponses face à chaque situation. (Le fait que cela ait si bien fonctionné dans un collège devrait tous nous interpeller !) Le principal a raconté qu'après l'évacuation du bâtiment lors d'un orage, il était rentré le dernier et avait trouvé huit cents paires de chaussures dans le hall. Les élèves avaient décidé, dans cette situation particulière, comment « prendre soin des lieux ».

Nous avons également constaté que des entreprises et de grandes villes se rallient autour d'un sens renouvelé et clair de leur mission collective. Une usine chimique affirme vouloir contribuer à la sécurité mondiale grâce à ses procédés de fabrication sûrs ; une ville décide d'être un lieu où les enfants peuvent s'épanouir. Ces messages clairs doivent être placés au cœur de la communauté. Cette clarté permet à chacun d'exercer sa liberté de choisir la meilleure façon de contribuer à cette mission profondément partagée. La diversité et les talents uniques deviennent un atout plutôt qu'une question de conformité ou de déviance. Les problèmes liés à la diversité disparaissent lorsque nous nous concentrons sur la contribution à une mission commune plutôt que sur la réglementation des comportements acceptables.

D'autres comportements problématiques disparaissent également lorsqu'une communauté connaît son essence, sa raison d'être. Les frontières entre soi et les autres, entre ceux qui sont à l'extérieur et ceux qui sont à l'intérieur, s'estompent progressivement. Cette profonde clarté intérieure que nous partageons nous libère et nous permet de rechercher des partenaires capables de nous aider à atteindre notre objectif. Nous élargissons notre champ d'action et accueillons des voix plus diverses, car nous comprenons leur contribution précieuse à ce que nous cherchons à créer. Le directeur de l'usine chimique mentionnée plus haut a déclaré qu'il ne savait plus où se situaient les limites de son usine et qu'il était inutile de chercher à les définir. Au contraire, l'usine tissait des liens de plus en plus étroits avec les membres de la communauté, le gouvernement, les fournisseurs, les concurrents étrangers, les églises et les écoliers – tous contribuant à l'ambition des employés de faire de leur usine l'une des plus sûres et des plus performantes au monde, un objectif qu'ils ont atteint.

Aujourd'hui, nombre de nos communautés et des institutions qui les servent sont désunies, faute de clarté quant à leur raison d'être. Rares sont les écoles qui savent ce que la communauté attend d'elles ; il en va de même pour la santé, l'administration et l'armée. Nous ne nous accordons plus sur les services que nous souhaitons voir fournis par ces institutions, car nous ne sommes plus membres de communautés conscientes de leur raison d'être. La plupart d'entre nous n'ont plus le sentiment d'appartenir à une communauté ; nous vivons ou travaillons simplement les uns à côté des autres. Le grand débat qui fait défaut porte sur le pourquoi et le comment de notre union.

Malgré notre désarroi, l'espoir demeure. Même au sein de nos communautés fragmentées, les conversations sur « Qui sommes-nous ? » et « Qu'est-ce qui compte vraiment ? » sont monnaie courante. Le problème, c'est que ces échanges restent privés, se déroulant autour de la table familiale, à la machine à café ou au restaurant. Rares sont les questions essentielles, celles qui donnent naissance à nos institutions ou à la société en général, qui s'y interrogent. Pourtant, ce sont ces questions fondamentales qui permettent à toutes nos communautés de créer les institutions censées les servir : écoles, associations, églises, gouvernements.

Lorsque nous ne répondons pas à ces questions en tant que communauté, lorsque nous n'avons aucun accord sur les raisons de notre appartenance à un groupe, les institutions que nous créons pour nous servir deviennent des champs de bataille stériles. Toute l'énergie se concentre alors sur des conflits d'intérêts, de nouvelles réglementations, des mesures de protection renforcées contre ceux que nous n'aimons pas et que nous craignons. Nous nous cherchons au sein de ces institutions et n'y trouvons personne qui nous soit familier. Nous devenons plus exigeants et moins satisfaits. Nos institutions sombrent dans l'incohérence et l'impuissance. Elles nous servent certes, mais seulement comme des miroirs reflétant l'absence d'accords cohérents au cœur de notre communauté. Sans ces accords sur les raisons de notre appartenance à un groupe, nous ne pourrons jamais développer d'institutions qui aient le moindre sens. En l'absence de ces accords, notre instinct communautaire nous pousse vers une communauté du « moi » et non vers une communauté du « nous ».

La plupart des réunions publiques, bien qu'issues d'un idéal démocratique, ne font qu'accroître notre division. Les ordres du jour et les procédures tentent de respecter nos différences, mais finissent par creuser le fossé entre nous. Ce sont des « audiences publiques » où personne n'écoute et où chacun réclame la parole. Les communautés ne se construisent pas grâce à de tels processus ; elles sont détruites par la peur et la séparation croissantes qu'ils engendrent. Ces processus publics génèrent également les dynamiques de pouvoir destructrices qui émergent lorsque les gens se sentent isolés et ignorés.

Nous n'avons pas besoin de plus d'audiences publiques. Nous avons besoin de beaucoup plus d'écoute publique, dans le cadre de processus où nous nous réunissons et nous engageons à rester ensemble suffisamment longtemps pour découvrir les idées et les enjeux qui sont importants pour chacun d'entre nous. Nous n'avons pas besoin d'interpréter un événement ou un problème de la même manière, mais nous devons partager le sentiment qu'il est important. D'après notre expérience, dès que les gens réalisent que d'autres autour d'eux, aussi différents soient-ils, partagent ce sentiment d'importance, ils tissent rapidement de nouveaux liens. Ils deviennent capables de travailler ensemble, non pas parce qu'ils ont convaincu qui que ce soit de leur point de vue, mais parce qu'ils se sont connectés à un niveau plus profond, un niveau que nous identifions comme le centre organisateur ou le cœur de la communauté.

Ensemble, nous pouvons atteindre des sommets de possibilités inédits, des possibilités inaccessibles par la simple rhétorique. Pour y parvenir, il nous faut entamer des conversations sur notre raison d'être et le sens que nous partageons, et nous engager à les poursuivre. En maintenant le dialogue, les gens apprennent à collaborer plutôt qu'à se disputer la vérité. Nous sommes capables de créer des communautés dynamiques et inspirantes lorsque nous découvrons les rêves d'avenir que nous partageons. Et ces rêves sont toujours bien plus ambitieux que tout ce qui était possible lorsque nous étions isolés. L'histoire de la plupart des mouvements d'organisation communautaire et des grands mouvements de changement social trouve son origine dans de telles conversations, des échanges entre amis et inconnus qui ont découvert une vision commune de ce qui comptait pour eux.

En créant des communautés à partir d'un socle de sens partagé, d'une conviction commune quant à notre appartenance à un même lieu, nous découvrirons ce qui est déjà visible partout autour de nous dans les systèmes vivants. La grande créativité et la diversité des individus, notre désir de contribuer et de tisser des liens, s'épanouissent lorsque le cœur de notre communauté est clair et accueillant, et lorsque nous nous abstenons d'encombrer notre chemin de proscriptions et d'exigences. L'avenir de la communauté s'apprend avant tout par la vie.

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COMMUNITY REFLECTIONS

5 PAST RESPONSES

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Monica Castillo Feb 19, 2024
This sentence resonated for me. It is my hope and believe for the future state of humanity:
"As we create communities from the cohering center of shared significance, from a mutual belief in why we belong together, we will discover what is already visible everywhere around us in living systems.",
To get to these cohering center of shared significance, belief, and belonging we need to shed our old systems, our programing and listen to our voices within to begin to listen again. I appreciate all of Margaret Wheatley's writting because she is a force for me in looking within. Thank you.
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Madhuri Feb 17, 2024
We belong together!! And how far is our thought from this simple truth! What imaginations we share about pur shared reality, that we really don't share or haave anything in common!! Such a heart wrenching imagination, something we strive to hold on to in our quest to surviving life. A true blessing is to see that we all have each other and we all need each other.
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Paul Fillinger Apr 10, 2023
This is an amazing "call to action" for me. It gives some steps to get there. This syergizem of energy is quite possible with a shared vision or purpose. Great motivator of action. Love the idea that it is cooperation not competition that human kind have advanced with.
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themcastillo Mar 14, 2023
Questions posses by Margaret give me a place to reflect on community: What called us together? What did we believe was possible together that was not possible alone? What did we hope to bring forth by linking with others? There is a fluid nature to the questions that call me to be curious, open, accepting clear , respectful and unique
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Pat Bell Jun 5, 2017

A powerful way of showing how important it is that we focus on our joint purpose as we contribute to that purpose with our own unique gifts.