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Là où réside l'émerveillement : Pratiques Pour Cultiver Le sacré Dans Votre Vie Quotidienne

Deux chemins divergent

Depuis le début, les êtres humains ont tellement Là où réside l'émerveillement : Pratiques pour cultiver le sacré dans votre vie quotidienne : Fondevila, Fabiana, Steindl-Rast, Frère David : 9781644111741 : Amazon.com : Livres Il est nécessaire de comprendre les lois qui régissent l'univers, leur rôle dans le grand orchestre cosmique et d'une existence marquée par l'interaction constante de la joie et de la douleur, de la beauté et de l'abomination, de l'émerveillement et de l'angoisse, de la vie et de la mort.


Dès ses origines, cette quête de sens a conduit l'humanité à explorer la dimension spirituelle. Cette exploration a emprunté deux voies principales, suivant les deux mouvements décrits par Platon et les néoplatoniciens : une direction ascendante, qui va de la matière à l'esprit ; et une direction descendante, qui va de l'esprit à la matière. Selon cette vision, le cosmos est un tout multidimensionnel, composé de courants ascendants et descendants d'amour divin.


Les peuples et les traditions qui ont adopté la voie ascendante – les religions monothéistes (à quelques exceptions notables près, comme le mystique saint François d’Assise) – recherchaient la spiritualité dans les sommets de l’existence et privilégiaient des valeurs et des aspirations « masculines » telles que la lumière pure, la vision et la transcendance. Par la prière, le jeûne, la méditation et une vie austère, ces traditions cherchaient à s’affranchir du monde imparfait de la forme pour se concentrer sur la source éternelle de toute chose.


En revanche, les peuples qui adoptaient une vision descendante – les cultures païennes, chamaniques et majoritairement matriarcales – voyaient le divin se refléter dans chaque feuille et chaque créature. Ils cultivaient les valeurs féminines, privilégiant ce qui nous unit, le terrestre et l'immanent. Plutôt que d'aspirer à l'illumination, ces peuples exploraient le monde souterrain, domaine de l'âme.
Qu’est-ce que l’âme dans cette conception ? C’est le noyau primitif et essentiel de notre individualité, la portion d’esprit qui vit en nous et adopte nos caractéristiques particulières — celles qui nous distinguent de tous les autres.


Ce voyage introspectif plonge au cœur de nous-mêmes, à la recherche de cette expression particulière du sacré qui est en nous. Il explore notre nature animale, nos peurs les plus profondes, notre dialogue avec la mort et la maladie, notre expérience de la sexualité, nos désirs, nos créations, nos rêves, notre inconscient et ses symboles.

Voici comment le brillant psychologue jungien James Hillman définit la différence entre l'esprit et l'âme : l'âme apprécie l'intimité, l'esprit élève l'esprit. L'âme se couvre de poils ; l'esprit est chauve. L'esprit voit, même dans l'obscurité ; l'âme tâtonne, pas à pas, ou a besoin d'un chien. L'esprit tire des flèches, l'âme les reçoit en plein cœur. William James et D.H. Lawrence l'ont exprimé avec justesse : l'esprit aime les ensembles, l'âme aime les individualités.

Dans son ouvrage Soulcraft : Crossing into the Mysteries of Nature and Psyche, le psychologue des profondeurs et guide de nature sauvage Bill Plotkin donne une définition plus formelle :


Là où l'âme est associée aux nombreux mystères terrestres, l'esprit est associé à l'unique félicité céleste. L'âme ouvre la porte à l'inconnu, à ce qui n'est pas encore connu, tandis que l'esprit est le domaine de l'inconnu absolu, la conscience sans objet. L'âme se rencontre dans le subconscient (c'est-à-dire ce qui se situe en deçà de la conscience), tandis que l'esprit est appréhendé dans des états de supraconscience. Tous deux sont associés à des états d'extase (hors du commun des mortels), mais la rencontre avec l'âme est caractérisée par des rêves et des visions de sa destinée personnelle, tandis que la réalisation de l'esprit engendre une conscience pure et libre de tout contenu.


Les deux voies – ascendante et descendante – se complètent et s’enrichissent mutuellement. Chacune, en elle-même, offre une expérience partielle du divin. Cependant, depuis l’avènement de la modernité, la voie descendante a été découragée, voire formellement interdite. Plotkin le dit encore :


Peut-être nos ancêtres religieux et politiques, craignant l'influence de la nature et de l'âme, nous ont-ils éloignés de la nature sauvage et ont-ils tenté de la contrôler ou de la détruire partout où elle se manifestait. La peur de la nature et de l'âme est une peur de notre propre essence.


À travers cette vision scindée, la Terre et ses créatures perdirent leur statut divin. Le schisme s'aggrava au XVIIIe siècle avec l'avènement du rationalisme. Sans vouloir minimiser les progrès apportés par cette étape de développement, ce dernier érigea également l'intellect en nouvelle divinité et rejeta toutes les autres formes de connaissance comme de simples superstitions. La sagesse des peuples autochtones, fondée sur l'intuition et le dialogue avec les forces de la nature, fut niée ou attribuée à un stade infantile de la conscience humaine.


Le mythe du progrès scientifique et industriel illimité, qui conçoit la nature comme une ressource à exploiter, s'est imposé et menace aujourd'hui de détruire la planète. Le rejet de la matière – d'abord d'un point de vue spirituel, puis intellectuel – a paradoxalement cédé la place à une ère de matérialisme sans précédent.


Ce changement de perspective a appauvri notre expérience du monde : nous avons perdu la capacité de dialoguer avec les autres espèces, de nous reconnaître dans les rythmes et les cycles de la nature, de nous sentir à l'aise dans nos corps et avec les corps des autres ; bref, d'appartenir.


Dans la seconde moitié du XXe siècle, le mouvement New Age a insufflé un vent de changement, prônant un programme écologiste, féministe, libertaire et progressiste. Ce fut un tournant nécessaire, alimenté en partie par l'influence de la sagesse orientale sur l'Occident et la rencontre de deux mondes. Cependant, au fil des décennies, il a fini par attiser les antagonismes en érigeant la transcendance en unique voie d'accès au spirituel. L'une des conséquences les plus visibles de cette préférence est le phénomène que l'auteur Robert Augustus Masters a baptisé « contournement spirituel » : la propension à vouloir résoudre les problèmes physiques ou psychologiques uniquement par le recours à des pratiques spirituelles (méditatives, contemplatives, énergétiques), c'est-à-dire à utiliser ces pratiques comme s'il s'agissait de raccourcis vers la guérison. Ceux qui tombent dans ce piège peuvent éviter de consulter un professionnel de santé pour des symptômes physiques graves ; refouler des émotions telles que la colère ou la peur car ils les considèrent comme « non spirituelles » ; subir des abus au nom d'une « compassion » mal comprise ; ou encore éviter des conversations difficiles mais importantes par souci de préserver la paix.


Un autre aspect de ce même phénomène est ce que le maître bouddhiste Chögyam Trungpa a appelé le « matérialisme spirituel » : l’utilisation de la spiritualité pour atteindre des objectifs personnels dans le monde, ce qui finit par la dénaturaliser.


Des auteurs comme Ken Wilber, fondateur de la pensée intégrale, soulignent que des décennies de pratiques bouddhistes visant à cultiver le détachement et l'équanimité n'ont guère contribué à favoriser la maturité psychologique et émotionnelle des pratiquants. Autrement dit, quels que soient les efforts déployés pour atteindre la paix et la discipline au dojo, au temple ou lors d'une retraite de fin de semaine, si l'on ne s'emploie pas activement à résoudre ses problèmes professionnels, familiaux ou personnels, si l'on ne se confronte pas à ses parts d'ombre et si l'on ne prend pas soin des aspects quotidiens de son existence, alors la quête de l'éveil sera vaine.


La preuve en est apportée par les scandales qui ont secoué la communauté bouddhiste nord-américaine lorsque des gourous de monastères reculés, qui n'avaient eu que peu ou pas de contact avec l'argent, les femmes ou la sexualité, sont arrivés aux États-Unis et se sont retrouvés entourés d'un monde de tentations inconnues.
Faut-il s'étonner qu'ils aient commis des erreurs d'adolescents, voire des abus ? Wilber met en garde : il ne suffit pas de se réveiller, il faut aussi grandir.


Thomas Moore, auteur du best-seller « Prendre soin de son âme », se méfie lui aussi d'une spiritualité qui ne privilégie la transcendance qu'au détriment du monde terrestre : si nous définissons notre spiritualité uniquement en termes positifs et idéalisés, elle deviendra sentimentale, et alors inutile. Être spirituel, ce n'est pas seulement prier et méditer, c'est aussi s'engager dans les défis du mariage, du travail et de l'éducation des enfants ; dans la responsabilité sociale et dans l'effort pour bâtir un monde juste et pacifique.


Dans cette vision du monde, « l’activisme spirituel » n’est pas une contradiction dans les termes, mais une expression concrète de l’amour en action.


La vérité est que nous avons besoin des deux : la voie ascendante, qui recherche la source par la vision, la sagesse et le détachement ; et la voie descendante, qui trouve le divin ici sur Terre et s'efforce de l'exprimer par le service, la générosité et la compassion.


Dans nos vies, nous passons naturellement d'un extrême à l'autre : nous recherchons le silence pour y puiser inspiration et sérénité ; puis nous retournons au monde et partageons cette paix avec notre communauté. Ou, à l'inverse : un événement anodin – un ami qui nous offre son aide, un ciel étoilé, un oiseau qui nourrit ses petits – nous plonge instantanément au cœur du mystère.


Il nous faut embrasser la multidimensionnalité de la vie : harmoniser la lumière et l’ombre, l’être et le faire, le don et la réception, l’élévation spirituelle et la maturation psychologique et émotionnelle. Retrouver la dimension féminine du sacré est une manière de corriger le déséquilibre et d’offrir au monde la nourriture qu’il réclame depuis des siècles : l’union sacrée qui unit les contraires et nous apporte l’intégrité. C’est ce même désir qui inspire ces pages.

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Pour plus d'inspiration, participez à l'événement « Awakin Call » de Fabiana Fondevila ce samedi. Plus d'informations et inscription ici.

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COMMUNITY REFLECTIONS

1 PAST RESPONSES

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Patrick Watters Nov 18, 2020

Ah how delightful indeed, my heart resonates deeply — shakes hands with this truth in LOVE. }:- a.m.