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Deux façons Simples De Surmonter Le Chagrin

Voici le deuxième article d'une série intitulée : La sagesse intemporelle en période de grands changements.

Au printemps 2013, alors que je souffrais depuis plus de dix ans de fatigue chronique et de vertiges, je suis tombée par hasard sur le travail de Francis Weller , thérapeute spécialisé dans le deuil et se décrivant lui-même comme un « militant de l'âme », qui animait des ateliers d'une journée sur le deuil. Même si l'idée de me plonger dans les méandres de l'âme avec des inconnus n'était guère séduisante, j'imaginais qu'il existait des tensions invisibles et inaccessibles auxquelles je devais faire face. Des tensions qui me rendaient impulsive au lieu de me permettre de réfléchir posément. Des tensions qui me maintenaient dans un état de peur plutôt que de guérison. Qu'est-ce que la fatigue chronique, au fond, sinon un état de stress post-traumatique quasi permanent, inscrit dans le corps ?

En médecine fonctionnelle, on examine les maladies du corps (et des écosystèmes plus vastes) à la source de leurs causes profondes. Les principaux facteurs de maladie se répartissent en cinq catégories : les infections, les allergènes, les polluants, les aliments inflammatoires et le stress. Le deuil est un facteur important d’inflammation chronique, et l’inflammation chronique favorise les maladies chroniques.

Le moment semblait venu pour une grande « détox de l'âme ».

Retour vers le futur

Nous voici en juin 2020. Trois mois après le début de la pandémie de coronavirus, et quelques jours après les manifestations et émeutes qui ont éclaté suite au meurtre d'un Afro-Américain non armé par un policier, parmi tant d'autres tragédies, les mots de l'écrivain et militant américain James Baldwin résonnent plus que jamais : « J'imagine que si les gens s'accrochent si obstinément à leur haine, c'est parce qu'ils pressentent qu'une fois la haine disparue, ils seront contraints d'affronter la douleur. »

J'avais les épaules tendues, le cœur brisé, et l'esprit en proie à un tourbillon de « il faut », de « il ne faut pas » et de « et si ». Pourtant, en puisant dans la sagesse acquise durant mon cheminement de guérison, je me suis souvenue que « faire face à la douleur » est peut-être plus simple qu'on ne le croit. Si nous avions les outils pour affronter la douleur sans sombrer dans le désespoir, nous pourrions peut-être aussi transformer les pensées et les émotions toxiques. Peut-être même que nous cesserions de ressasser les mêmes souffrances.

« J’imagine que si les gens s’accrochent si obstinément à leur haine, c’est parce qu’ils pressentent qu’une fois la haine disparue, ils seront contraints d’affronter la douleur. » – James Baldwin

La douleur et le chagrin sont-ils la même chose ?

La douleur peut être physique, émotionnelle ou mentale. Lorsqu'elle devient chronique, on parle de souffrance. Un patient, par définition, est une personne qui souffre. Je sais ce que c'est que d'être patient. En tant que médecin, je vois beaucoup de patients, beaucoup de personnes qui souffrent.

J'utilisais souvent indifféremment les termes « souffrance » et « chagrin ». Mais sont-ils synonymes ?

Le deuil est une profonde tristesse, généralement consécutive à une perte. Le deuil et la colère sont intimement liés ; la colère peut constituer une étape du processus de deuil.

Ayant assisté à plusieurs rituels de deuil, j'ai appris de Francis que, dans de nombreuses cultures autochtones, le deuil n'est pas synonyme de souffrance. Le deuil n'est pas un problème à résoudre, expliqua-t-il, mais une expérience humaine à vivre. Il raconta l'histoire d'une femme âgée dont le visage rayonnait de joie. Francis lui demanda quel était son secret. « Je suis joyeuse parce que je pleure beaucoup. »

À leurs yeux, le deuil n'est pas une option, mais une libération nécessaire. De même que nous devons éliminer les cellules mortes de la peau ou filtrer les vieilles cellules sanguines pour faire place aux nouvelles, il en va de même pour les émotions et les traumatismes, conscients et inconscients, internes et externes, individuels et collectifs. Si nous faisons régulièrement notre deuil, nous n'avons même plus besoin de nous replonger dans les histoires elles-mêmes. Le corps peut se libérer des schémas de manière naturelle.

Le deuil n'est pas un problème à résoudre, mais une expérience humaine à vivre.

Les 5 portes du deuil

Au-delà de la perte d'un être cher ou de la perte de la santé, il existe d'autres formes de deuil. François décrit les cinq portes suivantes :

Ce que nous avons aimé et perdu

Les parties de nous qui n'ont pas connu l'amour (nos ombres)

Les chagrins du monde

Ce que nous attendions et que nous n'avons pas reçu

Deuil ancestral

L'une des principales raisons en Occident est la privatisation du deuil. Faute d'une communauté pour témoigner de ce processus, comme l'ont fait tant de cultures avant nous, nous risquons de sombrer dans la dépression ou le désespoir. Si nous n'exprimons pas suffisamment notre chagrin, nous risquons de le refouler. Selon François, ce refoulement peut engendrer des problèmes de santé ou des émotions explosives telles que la colère.

Les principaux « péchés » de l’Occident sont l’amnésie et l’anesthésie. Nous oublions et nous devenons insensibles.

2 rituels simples pour se libérer du chagrin et faire place à la joie

Comment faire sortir de leur cachette nos âmes timides et négligées pour les libérer ? Voici deux pratiques que j'ai apprises, extraites de « Brave New Medicine » . La première nécessite un partenaire. La seconde peut être pratiquée seul ou à deux.

Écriture automatique programmée

Trouvez un ami ou un membre de votre famille en qui vous avez confiance, en personne, par vidéo ou par téléphone. Trouvez un endroit privé où vous ne serez pas dérangé.

Déterminez la durée de l'exercice d'écriture (suggestions : 5, 8 ou 10 minutes).

Établissez les règles de base : confidentialité absolue de ce qui est partagé.

Choisissez une phrase d'amorce qui servira de fil conducteur à l'exercice. Exemples : Je me souviens quand… , Mes larmes… , J'aimerais que quelqu'un… , Ce que je voulais dire, c'est…

Une fois l'exercice commencé, chacun doit écrire sans interruption. Sans s'arrêter, sans raturer, sans effacer, sans relire. Si vous avez le cœur vide, écrivez simplement : « Je n'ai pas d'idées » , à plusieurs reprises, ou « Rien ne me vient, rien ne me vient… » jusqu'à ce que quelque chose vous vienne à l'esprit. En vous privant de la possibilité de vous censurer, vous faites taire votre mental critique et laissez votre âme ou votre subconscient s'exprimer.

Lorsque le temps imparti est écoulé, arrêtez-vous. Ne terminez pas votre phrase, ni même ne barrez votre « t ». Parfois, le moment précis où vous vous êtes arrêté peut révéler une signification.

Lisez chacun votre texte à tour de rôle. L'auditeur pratique une « écoute bienveillante », c'est-à-dire une attention totale sans interruption, question ni commentaire (si vous vous surprenez à formuler une réponse, essayez de laisser passer ces pensées ; même l'approbation est une forme de jugement, car elle influence la pensée de l'autre). Lorsque le lecteur a terminé, l'auditeur dit simplement : « Merci de votre partage. » Puis inversez les rôles.

Vous pouvez terminer votre séance maintenant, ou répéter l'exercice avec une phrase de départ différente.

Une fois la lecture terminée, établissez un accord : interdiction de partager ce qui a été lu et interdiction d’y faire référence ultérieurement, sauf si le lecteur lui-même l’évoque.

Parler à la terre

Vous pouvez le faire seul(e) ou inviter des témoins à vous accompagner silencieusement. Cette pratique est courante dans de nombreuses cultures à travers le monde.

Commencez par trouver un espace naturel où vous vous sentez en sécurité : un coin de votre jardin, ou un lieu en pleine nature, comme une forêt, un ruisseau, une plage.

Creusez ensuite une petite ouverture dans la terre ou le sable, suffisamment grande pour pouvoir parler (ou pleurer).

Sentez la terre sous vos pieds, et laissez-la supporter tout votre poids.

Exprimez votre chagrin à la terre. Voici un exemple donné par François dans son livre, « Au bord du chagrin » : « Je porte ce chagrin [soyez précis : nommez l’émotion ou l’expérience] depuis si longtemps, et je ne peux plus le supporter. Il est trop lourd pour moi. Il m’accable et me prive de toute joie. Je sais que vous pouvez porter ce chagrin… Je fais cela pour déposer mes chagrins afin de mieux participer à la guérison de notre communauté. Merci d’être là pour moi et pour nous tous. »

Envisagez de vous allonger à plat ventre pour pleurer ou crier votre chagrin dans la terre.

Une fois terminé, rebouchez le trou pour lui redonner sa forme initiale et remerciez la terre de vous avoir accueilli.

***

Le premier article de cette série – les leçons de la sage-femme et aînée Yeshi Neumann – se trouve ici .

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COMMUNITY REFLECTIONS

1 PAST RESPONSES

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Kristin Pedemonti Oct 7, 2021

Beautiful rituals, thank you. Here's to release.