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Iris : métamorphes Et réinventeurs Magiques

Ce quelque chose de mouvant, d'insaisissable, dans la teinte bleu foncé de l'iris qui semblait encore conserver les ombres absorbées d'anciennes forêts fabuleuses où il y avait plus d'oiseaux que de tigres et plus de fruits que d'épines, et où, dans quelque profondeur tachetée, l'esprit humain était né. – Vladimir Nabokov


Dans les épiceries, les boutons d'iris sont présentés en bouquets serrés, tels des crayons à la pointe violette parfaitement taillée, de fines lances bordées d'indigo, un carquois de flèches printanières prêtes à dissiper les tourments de l'âme. Emportez-en une gerbe, placez-la dans un vase en verre et, au matin, de ce silence suspendu aux pointes violettes jaillissent sépales et pétales, mousseux de filaments et de fronces, petites fontaines bavardes s'épanouissant dans la lumière du soleil, soudain conscientes du monde qui les entoure.

Un iris en bouton considère naturellement ce bouton comme le monde. Un iris hors de son bouton se retrouve soudain à la dérive. Son ancien foyer a disparu, irrémédiablement, comme une jeunesse gâchée ou le coucher de soleil de mercredi dernier. Pourtant, ce revirement de situation ne perturbe guère la sérénité de l'iris. Contrairement à beaucoup d'êtres vivants, les iris ne sont pas déstabilisés par des changements de circonstances aussi radicaux. Peut-être est-ce parce qu'ils portent en eux le souvenir de leurs ancêtres, qui s'endormirent dans la terre automnale sous forme de rhizomes noueux ou de bulbes, pour ensuite rêver et s'éveiller quelques saisons plus tard, grands, élancés, parsemés de promesses pourpres, et brandissant des feuilles vertes telles des épées de pirate.

Qui pourrait déduire la libellule de la larve, l'iris du bouton, l'avocat du nourrisson ?… Nous sommes tous des métamorphes, des réinventeurs magiques. La vie est en réalité un nom pluriel, une caravane de soi. – Diane Ackerman

En réalité, ce que nous appelons iris n'est pas une fleur à proprement parler, mais une inflorescence en éventail – un ensemble de fleurs disposées sur une tige commune (appelée, non sans humour, pédoncule). Autrement dit, l'iris est une communauté, non un individu. Quiconque pense le contraire se berce d'illusions. Il ne faut pas leur en tenir rigueur (on ne peut pas tout contrôler). Robustes et cosmopolites, les iris prospèrent dans une grande variété de milieux : semi-désertiques, crêtes rocheuses, pentes herbeuses, prairies, tourbières et berges. Traversant les siècles, ils ont parcouru de grandes distances, laissant leur empreinte sur l'histoire, les traditions, la médecine, la cosmétique, le commerce et bien d'autres domaines.

Les apothicaires grecs et romains prescrivaient des graines d'iris aux anciens souffrant d'indigestion, et des onguents à base d'iris étaient appliqués sur les blessures de guerre. Onguents. Remarquez comme ce mot est évocateur, comme il colle fidèlement au palais, tel du beurre de cacahuète. Les Égyptiens extrayaient avec ingéniosité un parfum exotique des rhizomes d'iris séchés (appelés racine d'iris), qui servent d'ailleurs aussi à aromatiser le gin. La racine d'iris pelée dégage un délicieux parfum de violette. Elle était broyée et couramment utilisée dans la poudre pour bébé, la poudre pour perruques et le dentifrice, pour son parfum de violette. En Croatie, l'iris porte le nom de Péroun, dieu du tonnerre et chef du panthéon slave. Perunika pousse partout où ses éclairs frappent la Terre, comme une douce compensation. Au Cachemire, l'iris blanc du Cachemire (Iris kashmiriana) est souvent planté sur les tombes musulmanes, une coutume qui s'étend jusqu'en Turquie et au-delà. Dans la Florence médiévale, où les iris blancs poussaient au milieu des remparts, la fleur de lys, une version stylisée de la fleur, devint l'emblème de la ville. Au XIIe siècle, en France, Louis VII l'utilisa sur son étendard. Après l'ouragan Katrina, à La Nouvelle-Orléans, les habitants se la firent tatouer, symbole d'unité, de renouveau et de résilience.

La fleur de lys, pour information, s'inspire des fleurs de l'iris barbu. Car les iris peuvent être barbus, sans barbe ou crêtés. Il existe des iris barbus nains et des iris barbus de grande taille. On trouve aussi des iris barbus nains miniatures, au nom redondant, et des iris barbus de grande taille miniatures, au nom paradoxal. Il existe à peu près autant de variétés d'iris que de jours dans l'année, et leurs noms sont souvent aussi envoûtants et énigmatiques que ceux des teintes de peinture, des chevaux de course ou des navires. Vesper, Ghost Writer, Gambling Man, Thornbird, Florentina, Autumn Jester, Pagan Dance, Parting Glances, Dusky Challenger, Early Light, Lady Friend, Petticoat Shuffle, Here Be Dragons, Let Evening Come.

Les Iris de Van Gogh, Saint-Rémy, vers 1889

Qu’est-ce qui vous appelle dans votre vie, quand tout le bruit se tait, quand les réunions sont terminées… quand les listes sont mises de côté, et que l’iris sauvage fleurit seul dans la forêt sombre… Qu’est-ce qui touche encore votre âme ? – Rumi


Au printemps 1889, après plusieurs épisodes d'automutilation et d'hospitalisations, Vincent Van Gogh se fit interner volontairement dans un asile. Dès sa première semaine, il entreprit l'une de ses œuvres les plus célèbres. « Les Iris » représente un coin du jardin de l'asile. Vif, abrupt, intime, troublant. La vision de Van Gogh dévoile la grandeur incessante et insatiable du mouvement qui refuse à jamais la possibilité de la nature morte. La danse colossale du cosmos se reflète dans les feuilles et les céréales, l'eau, les étoiles et les tournesols. L'iris blanc solitaire, dans ce chef-d'œuvre valant des millions de dollars, silencieux, fantomatique, se détachant sur un océan de couleurs bouillonnantes, a suscité de nombreuses interprétations. Il s'insinue au cœur comme une main douce qui nous retient un instant des soucis du quotidien, nous offrant peut-être un bref aperçu de ce que serait le monde vu à travers les yeux de Van Gogh, le poids de sa beauté. Et ce n'est peut-être pas un hasard si l'iris est connu dans de nombreux endroits sous le nom d'iris des épées, ou d'épée de douleur de Marie. Au cours de l'année suivante (la dernière de sa vie), Van Gogh réalisa près de 130 tableaux. À sa mort, il emporta avec lui le secret de l'iris blanc.

Photo prise par Pellinni sur Morguefile.com

« Or Thaumas épousa Électre, fille d’Océan, le dieu des profondeurs, et elle lui donna Iris, l’arc-en-ciel aux pieds rapides. » – Hésiode, Théogonie (trad. Evelyn-White)

Dans la mythologie grecque, Iris est une déesse mineure. Oui, certains ont jugé bon de classer les êtres célestes de cette manière – la Grande Ourse et la Petite Ourse en sont un autre exemple. On pourrait supposer qu'être une déesse mineure est un oxymore, un peu comme être une apocalypse mineure. Mais non. Être une habitante du ciel ne vous confère pas automatiquement une grande importance. Certains êtres célestes sont apparemment plus importants que d'autres, et si vous faites partie de ces derniers, vous êtes automatiquement considéré comme mineur. C'est ainsi que cela se passe le plus souvent dans le cosmos, du moins jusqu'à ce que nous en sachions plus (et espérons-le bientôt). Mais revenons à Iris, considérée (pour l'instant du moins) comme une déesse mineure des Grecs. Fille lumineuse d'un dieu marin et d'une nymphe des nuages, née de la mer et du ciel, elle était la joie de tous ceux qui la contemplaient.

Dans les statues, les peintures, les poèmes et les rêves, Iris est représentée avec des formes harmonieuses, un regard pétillant et une cruche à la main. Les anciens croyaient qu'elle utilisait ce récipient pratique pour remplir les nuages ​​de pluie d'eau de mer. Lorsqu'elle ne servait pas à approvisionner les nuages ​​en eau, cette cruche était parfois envoyée, avec Iris, par Zeus (qui, parmi les dieux du panthéon grec, est de loin le plus enclin à envoyer des créatures), puisée dans le Styx, dans le seul but de mettre à l'épreuve la véracité d'un dieu (ou d'une déesse) douteux. Divin ou non, quiconque mentait sous serment sur les eaux du Styx était plongé dans l'inconscience pendant un an, puis banni pendant neuf ans de toute fête, festivité, réunion, conférence ou rencontre religieuse (un châtiment redouté, car il semblerait que même les dieux aient besoin d'un réseau social florissant pour une saine estime de soi).

Peut-être qu'un jour où les nuages ​​étaient chargés de promesses et où les dieux étaient dignes de confiance, les Grecs des côtes aperçurent Iris, une jeune femme charmante et oisive, temporairement sans emploi, tendant la main à chacun de ses parents et sautillant entre eux sur une arche arc-en-ciel, reliant ce monde à l'autre. Un pont entre les mondes, une présence rayonnante et une promesse d'espoir. C'est peut-être ainsi qu'elle devint Iris de l'Arc-en-ciel, chargée d'accompagner tendrement les défunts de notre monde vers l'autre. Et il faut bien l'admettre, quelles que soient nos croyances sur l'au-delà, que si l'on doit un jour entreprendre ce voyage (et il le faut), depuis cette Terre qui tourne, avec ses dauphins, ses beignets, ses pousse-pousse, ses rhododendrons, ses funambules, ses bulletins météo et ses routeurs Wi-Fi, vers une destination inconnue, il n'y a pas de plus belle façon de le faire que sur la courbe scintillante d'un arc-en-ciel, accompagné d'une déesse mineure qui n'a jamais laissé un nuage assoiffé.

Parce qu'elles sont belles et chatoyantes de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel (à l'exception du rouge pur), les iris portent le nom de la déesse. Il était de coutume de planter des iris sur les tombes des jeunes femmes défuntes, afin d'inviter la présence divine dans leur voyage vers l'au-delà. Ces fleurs vivaces renaissent chaque année de la terre endormie, telles des résurrections florales. À une époque où le langage des iris semble presque oublié, elles percent le sol de leurs fières feuilles pointues, leurs tiges portant des bourgeons anguleux d'où éclosent des fleurs extraordinaires. Quand le monde parle en langues vertes, il est difficile de ne pas être déconcerté et séduit. Les iris rappellent au monde que présence et absence sont indissociables. Ce qui arrive est toujours en train de partir, et ce qui part est toujours en train d'arriver.


Sous cette fine pluie, j'inspire l'innocence du monde. Je me sens coloré par les nuances de l'infini. À cet instant, je ne fais qu'un avec mon tableau. Nous sommes un chaos irisé. – Paul Cézanne

Si vous avez déjà aperçu un arc-en-ciel scintillant dans une nappe de pétrole, la gorge d'un colibri, une aile de papillon, une plume de paon ou une bulle de savon, vous avez été témoin d'irisation. Cette qualité, semblable à un arc-en-ciel, tire son origine du mot iris.

Certains mots sont mal choisis, comme « pulchritude », qui signifie beauté mais évoque plutôt un mal de ventre ou un goût désagréable dans la bouche. D'autres, en revanche, sont parfaitement choisis, épousant leur sens à la perfection, comme un escargot dans sa coquille, tels que « extravagance », « désarroi » et « irisation ».

L'irisation naît lorsque la lumière rencontre certaines structures physiques dont les caractéristiques provoquent l'entrecroisement de ses ondes. De la même manière que la contemplation de certaines beautés peut nous laisser sans voix, nous faire oublier nos réflexes et nous amener à nous jeter tête baissée dans les buissons. La science appelle ce phénomène interférence et il en existe deux types : destructive et constructive. L'interférence destructive se produit lorsque les crêtes et les creux des ondes entrecroisées s'annulent mutuellement, atténuant ainsi la lumière réfléchie. C'est comparable au type d'interférence auquel nous sommes confrontés sous la forme de proches envahissants ou d'une direction autoritaire. Dans le cas de l'interférence constructive, les crêtes et les creux des ondes entrecroisées s'alignent parfaitement. Les ondes lumineuses ainsi superposées se renforcent et s'intensifient mutuellement, accentuant l'éclat de leur couleur réfléchie. Un rouge modéré, par exemple, se transforme en un rouge intense, l'incarnation même du rouge. De la même manière que la rencontre d'âmes sœurs donne naissance à l'expression la plus authentique d'elles-mêmes. Parce que ces deux types d'interférences se produisent simultanément, à l'image d'une piste de danse remplie d'un mélange aléatoire de danseurs incroyablement désordonnés et d'autres phénoménalement synchronisés, lorsque l'angle de vue du spectateur change, les couleurs de l'objet irisé semblent vaciller et glisser de manière imprévisible vers l'atténuation ou l'intensité, selon les différents degrés d'interférences destructives et constructives en jeu.

Photo de Suren Manvelyan

Cette histoire improbable commence sur une mer d'un bleu onirique, aussi colorée que des bas de soie bleus, sous un ciel aussi bleu que l'iris des yeux d'un enfant. – F. Scott Fitzgerald

Où que vous soyez dans le monde, vous contemplez l'irisation à travers votre iris, cette membrane plate en forme d'anneau dont les teintes variées évoquent l'arc-en-ciel, d'où son nom. Composé de tissu conjonctif et de muscles, l'iris réagit au jeu de la lumière en se contractant ou en se relâchant, rétrécissant ou élargissant ainsi le passage par lequel la lumière, venue du monde extérieur, pénètre dans notre monde intérieur. Ce processus déclenche des spirales complexes de connexions synaptiques, donnant naissance à un ensemble incroyablement riche et inextricablement lié de notions et d'émotions, dont le débit est exponentiellement plus rapide que la capacité des plus vifs d'entre nous à les produire en un clin d'œil.

Plongez votre regard dans les yeux de votre bien-aimé(e), de votre chat, de votre facteur ou du voyageur assis à côté de vous dans le bus, et vous plongerez dans un univers mystérieux et inexploré, d'une beauté étrange et peuplé de lieux uniques aux noms plus dignes de Tolkien que des manuels de médecine. La topographie de l'iris est aussi étrange et merveilleuse que n'importe quelle planète extraterrestre inconnue que votre imagination puisse concevoir.

Les cryptes de Fusch sont les zones qui ressemblent à des sillons, les endroits où l'on planterait des semis si l'on envisageait d'en planter dans un iris ; ce sont des zones où les fibres de collagène sont moins denses. Les points blancs sont des nodules de Wolfflin — un nom qui évoque un sortilège infligé par un sorcier courroucé, mais qui correspond en réalité à des zones de forte concentration de fibres de collagène. Les points noirs, semblables à de minuscules trous noirs dans une galaxie, sont des nævi , résultant d'une augmentation localisée de la production de pigment. Et non, je n'invente rien. Parole d'honneur !

Une recherche Google pourrait vous apprendre que la reconnaissance de l'iris est « une méthode automatisée d'identification biométrique qui utilise des techniques de reconnaissance de formes mathématiques sur des images vidéo de l'un ou des deux iris d'un individu, dont les motifs complexes sont uniques, stables et visibles à distance ». Vous pourriez également découvrir que plusieurs centaines de millions de personnes dans de nombreux pays du monde sont désormais inscrites, comme des écoliers en colonie de vacances, à des systèmes de reconnaissance de l'iris « par commodité ».

Ce qu'une recherche Google ne vous dira pas, c'est que nous sommes dotés de systèmes de reconnaissance de l'iris qui scintillent en nous avec autant d'éclat que des rubis dans un fourreau moghol. Ces systèmes vous arrêteront sur un trottoir printanier pour contempler et effleurer un bouquet de fleurs, malgré la longueur impressionnante de votre liste de choses à faire et le poids considérable de vos responsabilités. Ils feront naître en vous une douce émotion, comme une boule d'or palpitante, lorsque vous apercevrez un arc-en-ciel se déployant tel un poème fugitif dans un ciel monotone. Ils vous feront compter les reflets précieux du colibri lorsque vous ferez le bilan de vos nombreuses bénédictions, vous plongeront dans un abîme sans fin au plus profond de votre être lorsque vous contemplerez le paysage surnaturel du regard d'autrui, vous empliront d'un plaisir si intense qu'il frôlera la douleur, et vous enseigneront une fois pour toutes l'interdépendance de chaque être et de toute chose.

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COMMUNITY REFLECTIONS

10 PAST RESPONSES

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Ginny Apr 26, 2023
Such a beautiful reflection on the miracle of irises!
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Kristin Pedemonti Apr 26, 2023
Such rich writing, vibrant imagery. I've always loved Irises both the flower and our eyes, now I love them more. Thank you!
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Dianne Apr 25, 2023
Such a beautiful and exciting article to read. Your writing skills pour out of a heart and mind that see with the eyes of God instead of everydayness. Thank You
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Ani Grosser Apr 24, 2023
This is an outrageously amazing piece. Thank you so much!
I have always loved irises and you work helps me appreciate them even more.
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Lynn Apr 24, 2023
What a perfect gift! Today is our 47th wedding anniversary. 2 years ago we selected a special iris as a wedding gift to ourselves, and this year it is well established and we expect the blooms to flourish, so we are waiting as the late spring plods along. I have always loved iris, and I have mental images that go back to very early childhood. It has been delightful to start my day with this offering.
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Brinda Apr 24, 2023
Your writing touched my heart so deeply and put into words how I feel when I go out into my garden each morning to greet the wonders of a new day. Huge gratitude to you for sharing your gifts with the world :-)
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Jagdish P Dave Apr 24, 2023
Pavithra, your writing took me on a flight to many landscapes and created a rainbow of wonder and worship. Thank you for thee gift.
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Patrick Apr 24, 2023
Love the Iris in all its forms and beauty, yet none so special as the native coastal ones that I’ve enjoyed so much on walks in places like Pt. Reyes.
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Scott Sheperd Apr 24, 2023
Pavithra, I have not only "discovered" the iris, I have discovered your incredible writing. Thank you so much for this. You have made my morning. I just called out to my wife that we need to get some irises. She looked at me somewhat strangely and nodded in agreement.
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Mamta Apr 24, 2023
Love this. Thank you. Really enjoyed reading this leaning against a tree in springtime, with wild flowers dotted in the grass around me. Iris recognition system, now I know the name of the phenomenon that makes me stop and gaze at dewdrops reflecting light in all the colours of a rainbow, resting on the blades of grass, the colours changing as the earth moves or the grass sways with the wind. To know the word iridescence in its glory through these words feels heavenly.